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 L'oppidum du mont Beuvray

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MessageSujet: L'oppidum du mont Beuvray   Mer 26 Oct - 0:32

Gorgobina est, d'après César, un site stratégique de première importance. Il y installa les Boïens après la bataille qu'il remporta sur eux et sur les Helvètes (César, Bellum Gallicum, I, 28 et VII, 9). Elle fut le lieu de différents épisodes importants de la Guerre des Gaules : dans leur conflit avec les Eduens, les Arvernes y avaient appelé les Germains d'Arioviste. Défaits à Magetobriga (Mesvres en S-et-L.) avant qu'ils n'attaquent la position, les Eduens avaient ensuite fait appel aux Helvètes qui furent défaits, à leur tour, mais cette fois par César (à Sanvignes), en 58 av. J.-C.. Quelques années après, Vercingétorix, à la tête d'une coalition gauloise, déclencha toute une série d'opérations contre l'envahisseur romain pendant l'hiver 53-52, avec comme objectif principal d'enlever la position. Mais l'offensive du général romain sur Bourges l'obligea à lever le siège (César, Bellum Gallicum, VII,12).
Gorgobina, site longtemps cherché mais jamais trouvé, était, en fait, le mont Beuvray (communes de Saint-Léger-sous-Beuvray, Larochemillay et Glux-en-Glenne, départements de la Nièvre et de la Saône-et-Loire). Les travaux de l'ancien officier, Emile Mourey, le prouvent d'une façon irréfutable. Cela nous oblige à interprèter différemment les fouilles archéologiques menées entre 1867 et 1907 par Jacques-Gabriel Bulliot puis par Joseph Déchelette. Depuis 1984, le site est de nouveau l'objet d'un grand projet de recherche, qui associe des archéologues issus de divers pays européens. Les résultats, également à réinterpréter, sont présentés sur place dans un musée de la civilisation celtique, tandis que le produit des fouilles anciennes est visible à Autun (musée Rolin) et à Saint-Germain-en-Laye (musée des Antiquités nationales).
Située à 25 km d'Autun, qui fut la ville fondée par les Eduens de Bibracte (Mont-Saint-Vincent), dans le cadre d'une cité double (Augustodunum), le mont Beuvray, qui culmine à 821 m, est un bastion du massif du Morvan. Aujourd'hui recouverte de forêts, Gorgobina est un parfait représentant des grands sites stratégiques, ces vastes agglomérations fortifiées qui parsèment l'Europe aux IIe et Ier s. av. J.-C. Elle est ceinturée d'une fortification longue de 5 km, formée d'un rempart de terre précédé d'un fossé, ouvert de plusieurs portes. La superficie enclose (135 ha) semble en grande partie occupée par des habitations au Ier s. av. J.-C. Elle fut plus grande encore (200 ha) : les recherches récentes ont en effet montré que le site fut, à un moment donné, ceinturé par un rempart plus étendu. Les dégagements de vestiges sur de grandes surfaces permettent de mieux comprendre comment une importante troupe militaire (Arioviste et ses Germains) a pu s'installer en position défensive sur le site, suivie ensuite d'une population en cours d'émigration (la population boïenne). Tout cela est évidemment bien différent de ce qu'évoque le site de Bibracte au Mont-Saint-Vincent, vraie capitale du peuple éduen, qui avait établi des liens d'amitié avec Rome dès le milieu du IIe s. av. J.-C.
L'oppidum de Gorgobina (mont Beuvray) est traversé par plusieurs voies qui structurent l'urbanisme. Dans une première phase (fin du IIe s. / début du Ier s. av. J.-C.), l'oppidum n'héberge probablement qu'une garnison militaire arverne (la petite Gergovie); l'architecture n'utilise que la terre et le bois. Les techniques de construction plus sérieuses sont introduites à partir du milieu du Ier s. av. J.-C. (arrivée d'Arioviste puis des Boïens). On observe finalement la construction de maisons spacieuses, de plan plus classique, à la fin du même siècle et au début du suivant (organisation de Gorgobina en capitale boïenne). Les lieux publics sont encore mal identifiés. On connaît plusieurs fontaines et bassins, de construction souvent monumentale. Enfin, les fouilles du XIXe s. ont localisé un vaste bâtiment qui semble identifiable à un marché ou à un entrepôt. La physionomie de Gorgobina reste donc résolument différente de celle d'une ville gauloise "classique" telle que Bibracte (Mont-Saint-Vincent) par sa situation topographique, ses fortifications en terre et son urbanisme de circonstance.
Malgré son rôle avéré de capitale politique du peuple boïen, la ville n'a pas réussi à s'imposer comme centre économique, ayant été assez rapidement supplantée par ses colonies de Château-Chinon et de Luzy. Les nombreux vestiges d'amphores qui ont pu faire croire à un important commerce de vin venant d'Italie, sont en réalité la trace normale du passage d'une troupe militaire ou d'une tribu en migration qui ne pouvaient survivre sur le plan alimentaire qu'en recevant un ravitaillement venant de l'extérieur. En revanche, la mise à jour d'un grand nombre d'ateliers métallurgiques, où des artisans mettaient en forme des objets en fer ou en alliages de cuivre, prouve que ces populations étrangères et militaires avaient leur propre industrie.
Le site semble perdre totalement sa fonction résidentielle dès le début du Ier siècle ap. J.-C.. Au moyen-âge et à l'époque moderne, il accueille encore une foire annuelle de grande importance, attestée depuis le XIIIe s. Enfin, tirant parti du calme des lieux, un couvent franciscain y est fondé au XIVe siècle et sera abandonné deux siècles plus tard.
Entre 1865 et 1895, le mont Beuvray est longuement exploré par un érudit autunois, Jacques-Gabriel Bulliot, initialement grâce à des subsides de Napoléon III. Malheureusement, en croyant y voir le site de Bibracte, celui-ci va égarer l'archéologie européenne dans la plus grande erreur archéologique de tous les temps. Dans les premières années du XXème siècle, le grand archéologue Joseph Déchelette poursuit les fouilles et élabore toute une thèse, présentant le mont Beuvray, dans le volume de son Manuel d'archéologie édité en 1913, comme l'archétype de l'oppidum celtique, alors que ce n'est qu'un exemple d'oppidum-camp militaire.
Après trois quarts de siècle d'abandon, les fouilles reprennent en 1984 sur le mont Beuvray à l'initiative du ministère de la Culture et de la Communication. Officialisant l'énorme bévue des archéologues français, François Mitterrand y proclame Bibracte "site national" en 1985.
Alors qu'Alise-Sainte-Reine a vu Vercingétorix se faire proclamer chef de la coalition gauloise en 52 av. J.-C., alors que le Mont-Saint-Vincent (véritable Bibracte) a vu Jules César s'y installer pour mettre la dernière main à ses Commentaires sur la Guerre des Gaules, on raconte encore aujourd'hui que le sommet du mont Beuvray, en Bourgogne, était l'oppidum de Bibracte, la capitale des Eduens, l'un des peuples gaulois les plus puissants à l'époque de la conquête romaine.
Au mont Beuvray, les 200 hectares du site archéologique, un centre de recherche et un vaste musée (ouvert depuis 1996) présentent toutes les connaissances accumulées par les archéologues depuis la découverte de la ville antique, en 1865. Le visiteur est plongé dans un monde imaginaire de Gaulois à travers des reconstitutions, des mises en scène de la vie quotidienne, des explications sur les objets et les bâtiments, avec une précision apparemment scientifique, attractive et régulièrement enrichie, au fur et à mesure de la progression des fouilles qui se déroulent à proximité sur l'oppidum et que l'on peut visiter à la belle saison.
De tout temps, le mont Beuvray a fait l'objet d'une fréquentation humaine plus ou moins importante. Il faut pourtant attendre la fin du IIe siècle av. J.-C. pour y découvrir des constructions vraiment "urbaines". Enclose par un mur d'enceinte, il a abrité à son apogée une armée germaine d'environ 15 000 hommes, puis une capitale boïenne que l'on peut estimer à 20 000 habitants. Centre politique et religieux, le mont Beuvray "raconte" en détail la vie des populations guerrières, mercenaires et migrantes, aux IIe et Ier siècles avant J.-C.. Les fouilles ont révélé l'urbanisme de la ville, ses fortifications longues de 7 km, construites selon la technique militaire courante, des grandes portes, des bâtiments publics, une avenue centrale qui traverse différents quartiers…
Avec la paix romaine, à peine plus d'un siècle après leur installation, les Boïens abandonnent ce site inconfortable pour s'installer, en force et en nombre, dans le Morvan, marquant ce territoire d'une empreinte et d'un particularisme qui ont perduré jusqu'à ce jour. En même temps, la cité de Bibracte (Mont-Saint-Vincent/Autun) continue à jouer son rôle de capitale sous le nom d'Augustodunum.
La nature reprend rapidement ses droits sur le mont Beuvray où ne subsiste à l'époque dite romaine qu'un modeste temple, remplacé plus tard par une chapelle. S'y ajoutent des foires importantes à partir du XIIIe siècle et un couvent des Cordeliers du XVe au XVIIIe siècle.
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MessageSujet: Re: L'oppidum du mont Beuvray   Dim 30 Oct - 22:54

Ceinte de plus de cinq kilomètres de remparts qui assuraient sa défense, elle était le siège du pouvoir civil et religieux des Eduens, l'un des plus importants peuples de la Gaule, allié avec les romains depuis 125 av. JC. C'était également le siège d'importants marchés.

Vercingétorix y fut proclamé chef suprême des Gaulois.
C'est aussi à Bibracte que Jules César, acheva la rédaction de ses "Commentaires".

Le site fût abandonné vers 15 av. JC pour la ville d'Augustodunum (l'actuelle Autun) qui se construisait dans la vallée, aux bords de l'Aurroux.

En 1985, sous la Présidence de François Mitterrand, Bibracte devint le plus grand chantier archéologique de France.




SIte officiel : http://www.bibracte.fr/index.php

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MessageSujet: Re: L'oppidum du mont Beuvray   Mer 2 Nov - 17:35

D'autres infos sur le site de France 2 :

http://info.france2.fr/dossiers/france/3285817-fr.php

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MessageSujet: Re: L'oppidum du mont Beuvray   Jeu 3 Nov - 11:21

Citation :
Vercingétorix y fut proclamé chef suprême des Gaulois.
Malheureusement tout les gaulois n'acceptérent pas ce chef d'une gaule unifiée... Ce qui causera la perte des celtes continentaux... César su bien profiter des rivalités entre les différentes tribus. Alésia fut une vrai débacle où les armées gauloises en présence (pourtant plus nombreuses) ne surent s'accorder...

Déja des décennies auparavant, le père de Vercingétorix, Celtill, tenta en vain d'unifier la Gaule face aux dangers germaniques et latins.

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