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 L'horloger de l'Ankou

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MessageSujet: L'horloger de l'Ankou   Ven 23 Nov - 20:31

L’horloger de L’ankou

L’histoire se passe à Vitré en Ille et Vilaine, en un lieu qu’il est nécessaire de tenir secret. Chacun, on le sait, est un jour tiré par les griffes de l’Ankou, cet émissaire de la mort auquel en Bretagne l’on n’échappe pas, tant le dernier moment est à l’avance déterminé. Pourtant, une fois, l’heure fatale fut repoussée pour un service rendu, mais voyez plutôt :

L’Ankou, pour accomplir sa terrible besogne avec une impitoyable précision, est aidé par un instrument fort rigoureux et bien conçu : une remarquable horloge qui donne l’heure et le nom de ses futurs clients. Ce bel objet, vieux comme les hommes, ne tombe jamais en panne et le quêteur d’âmes s’y fie avec une absolue confiance. Point d’entretien particulier, juste un peu d’huile sur les rouages, un coup de suaire sur le cadran pour faire briller, puis, une fois l’an, le soir de la fête de Samain, jour des morts, quelques tours de clef pour remonter les poids du mécanisme. Or, il advint une fois, une chose inouïe ; la pendule de l’Ankou est restée bloquée à minuit, le 2 novembre de l’an du Christ 2000. Bien sûr, un nom est indiqué sur les implacables cadrans…L’Ankou doit donc se mettre en chemin pour prendre livraison de ce nouveau colis, mais auparavant, il remonte son horloge dans l’espoir de la voir reprendre son habituel et macabre décompte. Ses efforts restent vains et les aiguilles semblent définitivement figées l’une sur l’autre…Déjà, le faucheur accuse un certain retard dans son travail, ce qui compromet dangereusement la bonne marche du monde. Il lui faut vivement trouver une solution, mais lui, le récoltant de morts, n’y entend rien à l’horlogerie.
Décidé alors à régler les problèmes l’un après l’autre, il prend la route vers son nouveau cadavre, celui indiqué par l’horloge. Parvenu sur place, il a l’agréable surprise de voir que là où est son client, se trouve l’échoppe d’un horloger. Il entre donc sans se découvrir et voit un spectacle bien digne d’un jour des morts. Autour d’une table garnie et bien décorée, une femme et deux petites filles s’affairent, affolées, autour de l’homme de la maison. Lui, pris de malaise depuis quelques minutes, s’accroche à la vie de toutes ses dernières forces. D’un geste autoritaire, l’Ankou chasse les trois gêneuses qui malgré leur angoisse et leur surprise, n’osent s’opposer à ce sombre personnage, qu’elles ont reconnu.
Seul, l’Ankou se penche sur le mourant et lui dit en ces termes :
-Tu es horloger n’est ce pas ? Alors, je te propose un marché : ma pendule est bloquée et je ne parviens pas à la remettre en marche. Toi l’homme de l’art, tu vas m’accompagner dans mon atelier, tu répareras la mécanique et moi, en paiement, je te laisse la vie sauve, pour quelque temps encore. Fais moi un signe si tu acceptes.

Le moribond acquiesce d’un regard suppliant et l’Ankou emporte donc le corps vers sa sinistre demeure. La femme et les filles de l’horloger pensent alors que ce voyage de l’homme est le dernier et elles déversent toute leur tristesse dans leur mouchoir. Jamais 2 novembre n’aura été si triste et poignant.
Minuit et trente minutes sonnent au carillon de la famille. La porte d’entrée s’ouvre sur la nuit noire. Quelques flocons de neige tourbillonnent dans la rue et deux silhouettes se dessinent dans l’encadrement. L’Ankou et l’horloger sont là. L’homme de la maison entre et retrouve avec bonheur la douce chaleur des siens, après l’étreinte glacée du faucheur. L’Ankou, d’abord resté sur le seuil, tourne enfin les talons.
Tout à la joie de sa nouvelle vie qui commence, l’horloger n’entend pas les quelques mots prononcés par le récolteur de défunts :

-Au revoir et…à bientôt !
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MessageSujet: Re: L'horloger de l'Ankou   Ven 23 Nov - 21:55

J'aime bien quand on parle de mon vieux copain... eyqew , l'Oberour Ar Maro... lol

http://zeck.netliberte.org/images/perso/winter_defiance3.jpg

L'ANKOU, POURVOYEUR DE L'AU-DELA

L'Ankou "l'ouvrier de la Mort" peut être considéré comme le personnage central de la mythologie bretonne. Il est le pourvoyeur, le Maître du passage entre le monde des vivants et les demeures de l'Autre Monde. Le plus souvent décrit comme un homme très grand et décharné, à la longue chevelure blanche, portant un chapeau à larges bords, le visage dissimulé, se tenant debout dans une charrette grinçante tirée par deux chevaux, l'Ankou peut aussi apparaître sous la forme d'un squelette tenant une faux à la lame inversée ou une flèche. Est rapporté également le danger pour quiconque de croiser ou de barrer les "chemins de la Mort" (hennuyer art Maros), ceux que l'Ankou emprunte dans ses parcours terrestres ou maritimes.
Malheur à ceux qui commettent le méfait d'empêcher le passage du char funèbre ou de porter les yeux sur le "Bag Noz", le bateau de nuit longeant la côte, dont le capitaine n'est autre que le premier mort de l'année, ou le plus jeune ou encore le plus âgé. Leur vie s'en trouvera abrégée!


LA CHAPELLE BLANCHE
Autrefois, on accrochait des draps piqués de branches de gui et de laurier autour du lit mortuaire (Chapelle Blanche). Cet habillage de deuil de la pièce devait parfois durer une année entière.
Longtemps, l'usage a été de coucher le mort sur la table de cuisine, à la lumière de la principale fenêtre de la pièce, la dépouille étant recouverte d'une toile fine ornée d'une croix, ce linge ayant précédemment servi à envelopper le pain. La parure funèbre du mort consistait en une chemise blanche.
S'agissant d'une femme, après lui avoir lissé les cheveux, on la parait de sa plus belle coiffe, de sa guimpe et de sa collerette. Le corps était ensuite enveloppé dans un drap frais, les bras restant libres de façon que les mains du défunt puissent être jointes, paume contre paume après que l'on eût enroulé un chapelet autour. Il y a peu de temps encore, chaque paroisse comptait ses ensevelisseuses attitrées pour lesquelles cette tâche était devenue une spécialité voire un sacerdoce.
Enfin, par respect envers le disparu, les gens de la maison cessaient tout travail pendant la durée d'exposition du corps. La veillée mortuaire donnait lieu à l'observance de rituels précis mais différents selon les contrées :
Confection de crêpes pour les parents, amis et voisins venus assister à la veillée; récitation d'oraisons et de prières (parmi lesquelles des psaumes et des hymnes de l'Eglise traduits en breton); ces veillées mortuaires suscitaient l'émulation entre récitants, pour le répertoire comme pour la rapidité du débit.
A l'île de Sein notamment, aux prières destinées au défunt s'en ajoutaient d'autres, récitées pour les autres morts de la famille; en les nommant précisément et en remontant aussi loin que possible dans le temps.


"LA VEUVE"
Le mort s'en va, mais peut-être le rencontrera-t-on demain, à l'heure de la trouble nuit, sur quelque route écartée, alors on pourra s'attendre, sans plus de surprise, à rencontrer le mort : l'Ana On.
Le mort enseveli, un autre rituel consistait à faire couler sur le linceul de la cire brûlante provenant du cierge placé au chevet du défunt.

Autrefois, à défaut d'ornements funéraires, des draps blancs étaient utilisés pour recouvrir les cercueils. Les convois funèbres continuaient d'emprunter les mauvais chemins reliant les fermes aux bourgs - en dépit de la construction de nouvelles routes - pour que le défunt soit conduit au cimetière par la même voie que celle utilisée pour les obsèques de ses aïeux. Dans le Léon, l'usage voulait que l'on heurte la tête du cercueil au piédestal de chacune des croix rencontrées sur le chemin du cimetière. A l'île d'Ouessant, en cas de disparition en mer, la famille et les proches se réunissent au domicile du noyé pour une nuit de veille et de prière autour d'une croix de cire symbolisant le disparu. Le lendemain, la croix est déposée à l'église, dans un reliquaire, parmi d'autres. Elle y demeurera provisoirement jusqu'au soir du ler novembre.




Ce jour là, toutes les croix déposées au cours de l'année seront transportées au cimetière dans un monument spécial appelé proella, "retour des âmes au pays."
Il existait encore dans la Bretagne du début de ce siècle, des cimetières réservés aux suicidés; les cercueils étaient passés par-dessus un mur sans ouverture. Les nombreux ossuaires visibles dans ce qu'il est désormais convenu d'appeler les enclos paroissiaux, rappelant que dès le milieu du Moyen-Age, l'exhumation des os avait été dictée par la nécessité de faire de la place pour pouvoir enterrer une population croissante. Cette pratique a survécu jusqu'à la fin du XXème siècle dans les cimetières bretons où, au bout de cinq années, on portait au charnier les os du dernier occupant.


LES "ANAONS" ET LA BAIE DES TREPASSES.
Nombre de contes et légendes ont rapporté la description de ce "monde intermédiaire" dans lequel les défunts sont encore liés à l'univers qu'ils viennent de quitter. Ce domaine appartenant aux âmes errantes dénommées les "Anaons", tient encore une place considérable dans les croyances bretonnes. Certains rites n'étaient pratiqués par les vivants que par souci de soulager des âmes ayant faim et froid, et de soutenir leurs forces pour le voyage dans l'autre monde. La mer, l'océan et le littoral armoricain ont été des sites privilégiés pour le retour des Anaons, âmes trois fois revenantes.


LE DEPART DE L'ENTERREMENT
CEREMONIE DES MORTS EN MER
Les marins qui meurent durant la pleine navigation sont jetés à la mer. Sur l'île d'Ouessant on organise, au retour du bateau, un enterrement fictif.
A l'embouchure de l' Arguénon (Côtes d'Armor), les âmes, à certaines périodes de l'année, emplissaient la barque du passage, vide de passagers, pour permettre aux Anaons d'effectuer la traversée d'une rive à l'autre.
La Baie des Trépassés, lieu d'embarquement traditionnel vers l'au- delà mythique, avec, à son large, l'îlot de Tévennec, qui surnage au dessus de la ville engloutie d'Is, témoigne à elle seule des mystères liés à la mort. Ainsi, au XXème siècle, les pêcheurs et marins de Douarnenez, noyés dans la baie, étaient transportés dans la Grotte de l'Autel, près de Morgat, huit jours durant avant d'embarquer pour l'autre monde.
Après ce geste, la foule se dispersait laissant les âmes venir se chauffer près des braises du tantad. Les premier et deux novembre donnaient lieu, notamment dans la région de Plougastel-Daoulas, à la célébration de vêpres des défunts.

Le deux novembre en particulier, jour des Morts ou An Anaon, on allumait dans la plupart des maisons bretonnes de grands feux destinés non pas aux mortels mais aux défunts, pour que leur âme puisse s'y réchauffer.
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MessageSujet: Re: L'horloger de l'Ankou   Sam 24 Nov - 0:37

Bienvenue Princesse Viviane ! Je vois que les légendes, fussent-elles de l'Ankou n'ont plus grand secret pour vous. Si vous desirez compléter votre savoir, je vous conseille "Les légendes de la mort " d'Anatole Le Braz . Des légendes mais aussi des anecdotes qui, si elles ne sont pas avérées, appellent à réfléchir ...

Quant à vous, Messire Jordi, je n'ai rien à vous apprendre, bien du contraire !
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MessageSujet: Re: L'horloger de l'Ankou   Sam 24 Nov - 14:39

c'est pour ça que je suis arrivée sur terre le 2 novembre
j'ai été attirée par toutes ces lumières
j'ai toujours aimé les bougies , le feu dans la cheminée
les flammes , la lumiére c'est beau !!!!



Merci Jordi pour cette page d'ethnologie !!

C'est tiré d'un livre jordi ?
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MessageSujet: Re: L'horloger de l'Ankou   Sam 24 Nov - 15:36

En effet sir Budoc, les légendes de l'Ankou sont ce que je préfère!
Merci beaucoup pour le conseil du livre, je suis actuellement en recherche de ce livre, mais dans la petite ville que j'habite, ils ne semblent pas l'avoir! Je dois donc attendre d'aller dans une plus grande ville, mais je ne manquerais pas de l'acheter Very Happy
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MessageSujet: Re: L'horloger de l'Ankou   Sam 24 Nov - 17:19

Réédition Coop Breizh/Jeanne Laffite , presses du groupe horizon 25 Cours d'Estienne-d'Orves 13001 Marseille. Vendu au prix de 10€.
Voilà, si tu veux le commander ! Wink
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MessageSujet: Re: L'horloger de l'Ankou   Sam 24 Nov - 23:33

Merci beaucoup !

Ca doit rentrer dans mes cadeaux de Noël (et oui la pèriode de fête approche et les sous se font rares Rolling Eyes )
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MessageSujet: Re: L'horloger de l'Ankou   Dim 25 Nov - 16:31

Et pour 7,20€ de plus, tu peux aussi t'offrir ceci... ad

http://www.klask.com/index.php?dib=11&niv=315
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MessageSujet: Re: L'horloger de l'Ankou   Dim 25 Nov - 16:50

y a aussi les achats en ligne

exemple d'une boutique parmi tant d'autres

http://www.brittany-shops.com/pdts_entreprise/produits_entreprise.php?id=63
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MessageSujet: Re: L'horloger de l'Ankou   Dim 25 Nov - 16:55

Mais n'est - ce pas mille fois mieux, lorsque c'est MOI qui raconte, et que vous êtes roulée en boule sur mes genoux en ronronnant au coin du feu?... lol
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MessageSujet: Re: L'horloger de l'Ankou   Dim 25 Nov - 17:11

Attention, Seigneur Jordi, Dame Liloye est-elle majeure ? Vaccinée, je suppose que oui ! lol
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MessageSujet: Re: L'horloger de l'Ankou   Dim 25 Nov - 17:59

Jordi s'adressait à Princesse Viviane mdrrrrr
Faut suivre Budoc !!!
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MessageSujet: Re: L'horloger de l'Ankou   Dim 25 Nov - 18:19

Ah bon !
Pas si sur ! lol
M'enfin si vous l'dites ! a'
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MessageSujet: Re: L'horloger de l'Ankou   Dim 25 Nov - 19:08

a'

La je pense que je vais pouvoir l'avoir a'
Je ne savais pas qu'il existait un spirou avec l'ankou! enfin bon je vais refaire ma bibliothèque moi Razz faut arrêter de me donner des lien sinon je ne vais plus avoir de place Mr. Green
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MessageSujet: Re: L'horloger de l'Ankou   Aujourd'hui à 7:54

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