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 Petite grammaire bretonne

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MessageSujet: Re: Petite grammaire bretonne   Sam 22 Sep - 11:56

d) L'ordre et le rang
Da genta emaon: Je suis le premier (au premier rang).
Da ziweza: Je suis le dernier, Da eil, je suis le second - a-gevred emaom: Nous sommes ensemble, an eil war-lerh egile, l'un derrière l'autre, a-raog: avant - War-lerh: après - a beb eil: de deux en deux - da drizegved: le treizième.
A-heligenta edom: Il y avait de l'émulation.
Revenons à la remarque 2 ; on dira:
N'eus nemetañ a-raog (sujet indéterminé, pour: n'eus den nemetañ a- raog)
Hirio ez eus daou da eil, tandis qu'on dira: Hirio emaom on-daou da eil.
Da genta eo e rankez beza: c'est le premier (au premier rang) que tu dois être (sujet indéfini)

e) La quantité:
Re emaom: Nous sommes en trop grand nombre.
Re om: Nous sommes trop nombreux (re: adjectif qualificatif: re a dud)
Re eo: C'en est trop (sujet indéfini)
Re eo daou hant: deux cents c'est trop (sujet indéterminé)
A-walh emaom: Nous sommes assez - A-walh eo: c'est assez
Muioh: plus - nebeutoh: moins - re nebeud: trop peu.

f) Le complément circonstanciel ou le complément indirect avec GAND, OUZ, EVID ou HEB peut encore remplir le rôle d'adverbe ou de locution adverbiale.
Ouzoh ema e valis: C'est à vous qu'il en veut.
Mais on dira:
Ouzoh ez euz kalz malis: On vous en veut
Outañ eo kaoud malis: C'est à lui qu'il faut en vouloir.
Gand e vreur ema: Il est en compagnie de son frère.
Mais:
Ganeom ez eus daou pe dri all: Avec nous il y en a deux ou trois autres (sujet indéterminé).
Ganeom eo deuet: Il est venu avec nous (sujet indéterminé)
Ganez ema ar wirionez: Tu as raison.
Gand ar vugale ema e zarbar: Ce sont ses enfants qui le préoccupent
Evidoh emaon: Je suis pour vous.
Evitañ ema an darn vuia: La plupart sont de son avis.
Mais: Evitañ ez eus eun daou hant bennag: Deux cents environ de son avis (sujet indéterminé)
Evid ar vro eo beva, stourm: C'est pour la patrie qu'il faut vivre, lutter (sujet indéterminé).
N'ema ket heb butun: Il n'est pas dépourvu de tabac.
Heb bara (sujet indéterminé).
Heb kasoni eo: C'est sans hargne (sujet indéterminé).


N'ema ket a re: Il n'est pas de trop.
N'eus den a re: Il n'y a personne de trop (sujet indéterminé).
A-walh emaint: Ils sont en assez grand nombre.
N'emaoh ket a-walh: Vous n'êtes pas assez nombreux, mais:
A-walh om: nous sommes assez nombreux. - A-walh a dud om: Nous sommes assez de monde (a-walh est adjectif qualificatif attribut); a-walh eo: C'est assez (sujet indéfini).

g) Cette forme ne s'emploie pas quand le verbe BEZA est utilisé comme auxiliaire. Nous n'avons plus affaire au verbe BEZA, la proposition n'exprime plus un état mais une action.
Em-hichenn eo deuet: Il est venu prés de moi.
E-kreiz al leur eo kouezet: Il est tombé au milieu de l'aire.
Azezet e oa war an oaled: Il s'était assis sur la pierre du foyer ("Il s'était assis" se dit aussi: War e azez edo)
Gand e vugale eo darbaret: Ce sont ses enfants qui le préoccupent.

5) Cette forme ne s'emploie pas quand le verbe est accompagné d'un
attribut, quel que soit le genre de mot qui sert d'attribut, qualificatif,substantif, infinitif, pronom.
Skuiz eo va breur er park: Mon frère est fatigué aux champs.
Tud kreñv e oa va breudeur d'an ampoent: Mes frères étaient des hommes vigoureux à l'époque.
Labourad oa e voued er gêr: A la maison il aimait à travailler.
An trizegved oan er skol: J'étais le treizième à l'école.
Va hini eo al leor-mañ: Ce livre est le mien.
Pemp bloaz eo va breur: Mon frère a cinq ans.
Pe ano out?: Comment t'appelles tu?
Me eo mestr an ti: C'est moi le maître de la maison.
Kaled eo ar vein da derri e peb bro: Les pierres sont partout difficiles à casser.

6) Cette forme ne s'emploie pas avec le complément indirect introduit par DA.
Deoh eo ar vugale-ze?: C'est à vous ces enfants?

2 - Forme d'habitude (Commune aux verbes BEZA et AM-EUS)
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MessageSujet: Re: Petite grammaire bretonne   Sam 22 Sep - 11:58

Préliminaires: Les verbes expriment un état ou une action. Mais les modalités, état ou action, peuvent affecter le sujet soit à titre accidentel, soit à titre habituel.

a) Ou bien le verbe exprime l'action qui se passe effectivement, l'état où se trouve effectivement le sujet à un moment précis du temps. C'est le sens objet direct du verbe: Pierre travaille (Il est en train de travailler en ce moment-ci) Pierre était malade hier (il était hier effectivement malade). Il s'agit bien du mode d'actualité de l'état ou de l'action.
b) Ou bien le verbe signifie que l'état ou l'action se répète souvent, est une habitude, un état naturel. Pierre a été au chômage pendant un mois, maintenant il travaille. Cela ne veut pas dire qu'en ce moment, tandis que je vous parle, il travaille, mais que les jours ouvrables et aux heures de travail, Pierre habituellement travaille.
Il s'agit du mode d'habitude.
En français, et il en est de même en breton sauf pour certains temps du verbe BEZA et AM-EUS, la forme du verbe ne change pas qu'il s'agisse du mode d'actualité ou du mode d'habitude.
Parfois le contexte suffit pour indiquer le mode d'habitude. Pierre a été au chômage, maintenant il travaille. J'ai deux fils; Pierre est paresseux, mais Paul travaille bien.
Si l'on veut préciser, le français et le breton ont recours à divers procédés.

Pour le mode d'actualité, le français emploiera l'expression "en train de" : Pierre est en train de travailler.
Le breton emploiera le verbe BEZA avec l'infinitif présent précédé de O (particule verbale): Per a zo o labourad, ou: O labourad ema Per au lieu de: Per a labour.
Pour le mode d'habitude, le français emploiera un adverbe, une locution adverbiale, un adverbe signifiant habitude, une subordonnée.
Pierre travaille le dimanche: Pierre a l'habitude de travailler le dimanche.
Mon père est souvent malade.
Quand je sors par temps de pluie, je m'enrhume.
Le breton emploiera les mêmes procédés:
Pér a labour da zul = Pér a zo boaz (kustum, troet) da labourad da zul.
Va zad a vezo klañv adarre pa zeuyo ar goañv.
Mon père sera de nouveau malade quand viendra l'hiver.
Le breton emploiera aussi l'auxiliaire "GOUZOUD" dans ce sens:
Pér a oar labourad da zul.
Dans les exemples donnés jusqu'ici, le mode d'habitude n'est pas exprimé par la forme du verbe lui-même, mais par quelque chose d'extérieur au verbe: adverbe, locution adverbiale, contexte.
Mais les verbes BEZA et AM-EUS possèdent, au présent et à l'imparfait de l'indicatif, une forme spéciale de conjugaison pour exprimer le mode d'habitude. Nous l'appelons pour cette raison la forme d'habitude: E VEZAN,...., E VEZER / E VEZEN,....,E VEZED/ et pour le verbe AVOIR: AM-BEVEZ,...., EN-DEVEZER / AM-BEZE / EN-DEVEZE. (cf morphologie)
1ére Régle: Klañv e vezan alïez:
La forme d'habitude de BEZA et AM-EUS s'emploie au présent et à l'imparfait de l'indicatif (conjugaisons synthétique ou analytique) pour exprimer le mode d'habitude de l'état ou de l'action: Klañv e vezan alïez: Je suis souvent malade.
L'adverbe ou la locution ne sont pas nécessairement exprimés. Klañv e vezan signifie: Je suis malade souvent, ordinairement (à supposer qu'au moment où je parle, je sois bien portant)
Klañv on signifie qu'au moment où je parle, je suis effectivement malade
(sans préjudice de savoir si cet état m'est habituel ou non)
Klañv out?:Tu es malade? - Ya (Klañv on): Oui ( je suis malade ), N'eo ket souez, klañv e vezan beb goañv. Ce n'est pas étonnant, je suis malade 46

(habituellement) chaque hiver.
Mezo e vez: Il est porté à se saouler.
Diouz ar mintin am-bevez aon: Le matin j'ai faim (d'une façon ordinaire)
Dalhmad en-deveze ezomm ahanon: Il avait constamment besoin de moi
E-pad ar goañv e vez skorn: Pendant l'hiver il gèle (habituellement, régulièrement).
En tiegez-mañ e vez lard al loened: Dans cette ferme les bêtes sont grasses (sont ordinairement grasses - mais je n'affirme pas qu'elles le sont cette année, ni qu'elles le sont toutes; mode d'habitude).
Er goañv tremenet ez oan klañv: L'hiver dernier j'étais malade (constatation d'un fait, mode d'actualité).
Deg vloaz a zo ne vezan ket yah: Depuis dix ans je ne porte pas bien (habitude).
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MessageSujet: Re: Petite grammaire bretonne   Sam 22 Sep - 11:59

Remarque:
Il y a des cas où la forme d'habitude n'a pas lieu d'être employée: quand il s'agit d'états ou d'actions qui ne souffrent pas le mode d'habitude, qui ont un caractère de permanence et font pour ainsi dire corps avec le sujet, par exemple quand ils expriment l'idée de vie, de mort, de filiation, de paternité, la définition d'un être, les attributs de Dieu ou tout autre qualité stable.
On dira: Va zad a zo klañv: Mon père est malade - Va mamm a zo yah: Ma mère
est bien portante - Pèr a zo mab da Fanch: Pierre est un fils de François - Va breur a zo braz - Mon frère est grand - Ar falz a zo eur benveg evid medi: La faucille est un outil pour moissonner - Doue a zo oll-haloudeg: Dieu est tout puissant.
Dans aucun de ces cas on ne peut employer a vez. Cependant si le sujet est indéterminé ou indéfini, le mode d'habitude se présente, auquel cas on emploie la forme d'habitude:

Alïez e vez maro an tad pa zimez ar vugale: Souvent le père est mort quand les enfants se marient.
A-wechou e vez maro ar vugale a-raog ma vezer koz: Parfois les enfants sont morts avant qu'on ne soit âgé.
Bugale va amezeg a vez braz abred: Les enfants de mon voisin sont grands de bonne heure.
Keit ha ma vez beo an tad ez eo eur blijadur mond d'ar gêr: Tant que le père est en vie, c'est un plaisir d'aller à la maison.
Pa vezer maro eo re ziwezad keuzi: Quand on est mort, c'est trop tard pour regretter.

Voici quelques adverbes ou locutions adverbiales qui, exprimées ou sous-entendus, indiquent qu'il s'agit du mode d'habitude:

ALIEZ: souvent - BEMDEZ: Tous les jours - BEMNOZ: Toutes les nuits - SEUL WECH: à chaque fois - KEN LIEZ GWECH: aussi souvent que - BEB TRO: Chaque fois – A-WECHOU: Parfois - MEUR A WECH: Souventes fois - BEB GWECH: Chaque fois - DEG GWECH BEMDEZ: Dix fois par jour - EUR WECH AR BLOAZ: Une fois l'an – BEB SUL: Chaque dimanche - DA ZUL: Le dimanche - ER GOANV:


En hiver - DIOUZ AN NOZ: Le soir - EN DEIZ: Le jour - WAR AR PEMDEZ: En semaine - BEPRED: Toujours - DALHMAD: Sans arrêt - PEURVEUIA: Le plus souvent - ATAO: Toujours - HEB PAOUEZ: Sans arrêt - GWECH EBED: Jamais - MORSE: Jamais - BISKOAZ: Jamais (dans le passé) - BIKEN: Jamais (dans l'avenir).

2ème règle: L'impersonnel passif: Ne vez ket desket ar vicher-ze: On n'apprend pas ce métier là.

A l'impersonnel passif, l'auxiliaire BEZA prend la forme d'habitude au présent et à l'imparfait de l'indicatif dans les propositions principales ou subordonnées: Ne vez ket desket ar vicher-ze: On n'apprend pas ce métier-là.
On dirait correctement: An den-ze n'eo ket desket: Cet homme-là n'est pas instruit - An dra-ze ne vez greet dirag eun den maro: On ne fait pas cela devant un mort.
Bremañ on kontant pa vez desket ar brezoneg er skoliou: Je suis content maintenant qu'on apprend le breton dans les écoles.
Daoust ma vez desket ar brezoneg: Bien que l'on apprenne le breton.
Daoust ha desket e vez ar brezoneg?: Est-ce que l'on apprend le breton?
Lavared a ran dit e vez desket: Je te dis qu'on l'apprend.
3 ème règle: Ma vez mad ho labour, e vezo loh ennon: Si votre travail est bon (si vous travaillez bien), je serai content.
Dans les propositions conditionnelles, si la condition n'est pas vérifiable, on emploie la forme d'habitude de BEZA et AM-EUS au présent de l'indicatif. MA signifie: S'il arrive que.
Ma vez mad ho labour, e vezo lorh ennon: Si votre travail est bien fait (se révèle bien fait), je serai fier.
Le travail n'est pas encore terminé, peut être même pas encore commencé; la condition exprimée, la qualité du travail, n'est pas vérifiable au moment où je parle.
Au contraire: MAR DEO mad ho labour, e vezo lorh ennon: Si votre travail est bien fait, je vais être fier.
Ici le travail est terminé, sa qualité est vérifiable au moment où je parle; il est déjà bien ou mal fait, mais le contrôle n'a pas eu lieu.
M'AM-BEVEZ daou lur gig e roin unan deoh: Si j'avais deux livres de viande, je vous en donnerai une (Je n'ai pas encore reçu ma viande et je ne sais pas si j'aurai deux livres).
M'AM-EUS daou lur gig, e roin unan deoh (j'ai déjà reçu la viande, la condition est donc vérifiable, mais je n'ai pas encore contrôlé)
Remarques:
BEZA et AM-EUS employés comme auxiliaires suivent la même règle: MA VEZ kavet mad ho labour: Si votre travail est jugé bien fait (l'appréciation du travail n'a pas eu lieu, la condition n'est pas vérifiable).
MAR DEO kavet mad ho labour (ici l'appréciation a eu lieu, la condition est vérifiable, mais le résultat nous est inconnu).
M'EN-DEVEZ evet re: S'il arrive qu'il ait trop bu.
M'E-NEUS evet re (il a déjà trop bu ou non, je l'ignore).
Quand la condition porte sur le passé, nous retombons dans la 1ére règle: Ma veze klañv, perag chom eneo?: S'il était malade, pourquoi rester là? Ma oa klañv, perag chom eno: S'il était malade, pourquoi rester là?
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MessageSujet: Re: Petite grammaire bretonne   Sam 22 Sep - 12:01

4 ème règle: Propositions temporelles: Pa vez klañv:

Dans les propositions temporelles, les verbes BEZA et AM-EUS prennent la forme d'habitude au présent et à l'imparfait de l'indicatif, quand la conjugaison de subordination indique l'idée de "toutes les fois":
Pa vez klañv: Quand il est malade (toutes les fois qu'il est malade).
Pa veze er gêr: Quand il était à la maison (toutes les fois...).
P'edo er gêr serait une temporelle ordinaire ou une causale.
P'edo er gêr ez oam e3ruz: Au temps où il était à la maison nous étions heureux.
P'edo er gêr e oa dit komz outañ: Du moment qu'il était à la maison, tu aurais dû lui parler.
Pa vez o tebri: Quand il mange (toutes les fois).
P'ema o tebri: Du moment qu'il mange.
P'am beze naon: Toutes les fois que j'avais faim.
Endra ma vez o tebri, ni a oar lenn: Pendant qu'il mange (toutes les fois qu'il mange) nous avons l'habitude de lire.
Endra m'ema o tebri, deom da hoari: Pendant qu'il est occupé à manger, allons jouer.
Keit ha ma veze uhel an heol e labourem: Tant que le soleil était haut (mode d'habitude), nous travaillions.
Keit ha ma oa uhel an heol e labourem: Tant que le soleil était haut
(mode d'actualité nous travaillions).

Remarque: Employés comme auxiliaire, les verbes BEZA et AM-EUS prennent la forme d'habitude suivant la même règle.
Pa vez diskouezet va zad er gêr, e lakeer ar zoubenn war an tan: Quand (toutes les fois que) mon père est arrivé à la maison, on met la soupe sur le feu.

5 ème Règle - Principales avec subordonnées temporelles:

Pa vez yah va zad e vezan laouen: Quand mon père est en bonne santé, je suis content.
Pa vez skorn e vez yen an amzer: Quand il y a de la glace, il fait froid.

Remarque: Cependant, dans certains cas, le verbe de la proposition principale prend la forme ordinaire:
Eun den laouen eo Pèr pa vez yah: Pierre est un homme heureux quand il se porte bien. Ceci s'explique sans doute par la remarque 1 de la 1ére régle: on dira: Laouen e vez Pèr pa vez yah, ou Pèr a vez laouen pa vez yah.
Voici d'autres exemples qui s'expliquent différemment:
Pa vez va zad o lenn eo gwelloh rei peoh: Quand mon pére est en train de lire, il vaut mieux (ordinairement) se taire.
Pa vez va zad o lenn e vez gwelloh rei peoh: Quand mon père est en train de lire; il vaut mieux (il est recommandé de) se taire.
Pa vez an heol o kuzad eo poent dond d'ar gêr: Quand le soleil se couche, il est temps de rentrer.
Pa vez an heol o kuzad e vez poent dond d'ar gêr: Quand le soleil se couche, il est temps ( ordinairement) de renter.
Er goañv, an noz a zo hir: En hiver, la nuit est longue.
Er goañv, an noz a vez hir: En hiver, la nuit est habituellement longue.
Dans ces cas, la forme d'habitude employée dans la proposition principale nous ramène à la première règle: C'est un adoucissement de l'affirmation. La forme ordinaire indique qu'il n'y a aucun doute, aucune échappatoire; c'est un fait brutal qu'on gagne à se faire, qu'il est temps de rentrer. La forme d'habitude indiquerait plutôt qu'habituellement, généralement, suivant la politesse ou la prudence, il vaut mieux se taire, il vaut mieux rentrer.

3 - Forme synthétique: EO - Forme analytique: A ZO - Forme synthétique: EUS.

Nous avons là trois formes de la 3éme personne de l'indicatif présent de BEZA. Leur emploi est régi par des règles précises qui sont faciles à formuler maintenant que nous avons traité des formes d'actualité et d'habitude.

Emploi de la forme analytique A ZO:

A ZO s'emploie, comme toutes les formes de conjugaison analytique, quand le sujet est exprimé devant le verbe, dans une proposition affirmative.
Ar rollah-karr a zo don: L'ornière est profonde.
Ar park a zo bet andonet: Le champ a été profondément travaillé.
N'ouzon ket ha me a zo gouest da ober al labour-ze: Je ne sais pas si je suis capable de faire ce travail.
N’ouzon ket ha me a zo gouest da ober al labour-ze: Je ne sais pas si je suis capable de faire ce travail.
Ar marh a-zu-mañ a zo du e voue: Le cheval de chez moi a la crinière noire.

Emploi de la forme synthétique EO:

EO s'emploie lorsque d'une part, on se sert de la conjugaison synthétique et que d'autre part, le sujet est déterminé ou indéfini:
Sujet déterminé:
Poaz mad eo ar jistr: Le cidre est bien fermenté.
N'eo ket lezireg ar mevel: Le domestique n'est pas fainéant.
ou:
Ar mevel n'eo ket lezireg (sujet devant mais proposition négative)
Lavared a ran dit eo tohor va zad: Je te dis que mon père est très mal
E voued eo labourad: Travailler est sa nourriture
Tenn eo labourad: C'est dur, pénible de travailler.


Sujet indéfini:
Mad eo: C'est bien.
Nous retrouvons très fréquemment cet usage:
- dans toutes les expressions comme: Poent eo: Il est temps - Mall eo: ça presse
- Da lavared eo: C'est à dire - Da gredi eo: C'est à croire - Mantruz eo: C'est navrant - Eun hiriz eo: C'est épouvantable.
Dans une autre tournure qui signifie: Il faut, Il s'agit de:
Dit eo kregi (ou da gregi) bremañ: C'est à toi de commencer maintenant.
D'ar red eo mond: Il s'agit de courir.
Dre gaer: c'est de gré - Dre hég eo mond dezañ: C'est de force qu'il faut user avec lui, à son égard.
D'ar gêr eo mond: Il s'agit de rentrer - Buan eo mond: Il s'agit d'aller vite.
Da zul eo pourvezet da ezommou an ene: C'est le dimanche qu'il faut pourvoir aux besoins des âmes.
En em zacha eo!: Il s'agit de fuir!
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MessageSujet: Re: Petite grammaire bretonne   Sam 22 Sep - 12:02

Emploi de la forme synthétique EUS:

EUS s'emploie, dans les conditions de la conjugaison synthétique, quand le sujet est indéterminé.
Dans les propositions négatives, c'est la forme N'EUS KET. Dans les propositions affirmatives, EUS est précédé de la particule verbale EZ:
Amañ ez eus kalz avalou (Bez ez eus kalz avalou amañ): Ici il y a beaucoup de pommes.
N'eus den en ti: Il n'y a personne à la maison.
N'eus hini ebed euz va breudeur er gêr: Il n'y aucun de mes frères à la maison.
Klevet am-eus ez eus engroez en iliz: J'ai entendu dire qu'il y a foule dans l'église.

Remarque: En général, EZ EUS sert à rendre le français "Il y a", mais la règle énoncée en ces termes est trop simpliste et expose à certaines fautes. Il ne Remarque: En général, EZ EUS sert à rendre le français “ Il y a “, mais la régle énoncée en ces termes est trop simpliste et expose à certaines fautes il faut oublier que c'est une forme de conjugaison synthétique.

1) Il est incorrect d'employer EZ EUS avec la construction analytique, c'est à dire avec le sujet en tête.
Pour traduire: Il y a autre chose sur la terre, on ne peut pas employer EZ EUS. Il faut dire:
Eun dra all a zo war an douar, ou, si l'on met la tournure synthétique, soit:
War an douar ez eus eun dra all,
ou: Bez ' ez eus eun dra all war an douar.
De même:
Il y a deux choses à choisir:
Daou dra a zo da zibaba ou bien Bez'ez eus daou dra da zibaba.
Du reste, en français aussi, on change la formule si l'on met le sujet en tête et l'on dit, par exemple: Une autre chose est sur terre, deux choses sont à choisir. La construction "Il y a" disparaît pour faire place à la conjugaison ordinaire.

2) Quand on a en français: "Il y a" avec sujet déterminé, on ne met pas EZ EUZ:
Il y a ici mon frère et ma mère: Va breur ha va mamm a zo amañ,
ou: Bez ' ema amañ va breur ha va mamm,
ou: Amañ ema va breur ha va mamm.
En Cornouaille, dans les propositions affirmatives, EZ EUS se dit ZO:
Amañ zo kalz avalou, Klevet am-eus zo engroez en iliz.

Remarques générales sur l'emploi de A ZO, EO, EUS:

1) Employé comme auxiliaire, le verbe BEZA suit les mêmes règles:
Va zad a zo bet dindan vedisin e-pad bloaz: Mon père a été entre les mains du médecin pendant un an.
Hennez a zo bet debret e zanvez gantañ e berr amzer: Celui-là a eu vite fait de manger son bien.
O kavoud ar houracher eo bet: Il a été consulter le rebouteux.
Savet eo bet al lezenn nevez war ar beskerez: La nouvelle loi sur la pêche a été rédigée.
Savet ez eus bet eul lezenn nevez war ar beskerez: On a rédigé une nouvelle loi sur la pêche (sujet indéterminé).
Ar helou a zo bet kaset dit: La nouvelle t'a été adressée - Kaset eo bet dit ar helou - Kaset ez eus bet dit kelou.
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MessageSujet: Re: Petite grammaire bretonne   Sam 22 Sep - 12:04

A rapprocher du français, qui dit: Il a été construit une maison.
2) Parfois on peut hésiter sur l'emploi de A ZO et de EO. Le verbe être "exprimant l'idée d'égalité ou d'identité entre deux termes", peut mettre indistinctement l'un ou l'autre comme sujet. Va zad eo hennez (sujet) Hennez eo va zad. On n'emploiera pas A ZO. Pourquoi? Voici: on met EO quand le mot placé après le verbe est un substantif déterminé ou un pronom démonstratif, et A ZO quand ce mot est un adjectif ou un substantif indéterminé.
Hennez a zo tad din: Celui-là est mon père.
Me a zo klañv: Je suis malade - Pèr a zo eur hristen mad: Pierre est un bon chrétien - Pèr eo ar mestr: Pierre est le maître - ou: Ar mestr eo Pèr, Pèr a zo ar mestr. Pèr eo ar hreñva: Pierre est le plus fort, ou: Ar hreñva eo Per.

Construction du complément anticipé ou du double complément

Nous avons affaire ici à une construction bien bretonne, une richesse de notre langue, qu'il faudrait exploiter à fond. Elle permet de mettre en tête de phrase le mot important énoncé simplement sans le secours d'une préposition, quel que soit le rôle qu'il joue dans la phrase.
On appelle complément anticipé:
- Un complément du nom,
- Un complément de l'adjectif, du participe passé,
- Un complément de l'infinitif,


- Un complément indirect du verbe,
- Un complément circonstanciel du verbe,
que l'on place en tête de la proposition et qui est rappelé après le verbe par un adjectif possessif ou par un pronom personnel précédé de la préposition requise par la grammaire.
Prenons par exemple cette phrase: J'achetai un livre à mon frère hier.
Tous les mots peuvent, à tour de rôle, être placés en tête.
- Le sujet: Me a brenas eul leor d'am breur deh.
- Le verbe: Prena a ris eul leor d'am breur deh.
Bez e prenis eul leor d'am breur deh.
- Le complément direct: Eul leor a brenis d'am breur deh.
- L'adverbe de temps: Deh e prenis eul leor d'am breur.
- Le complément indirect avec sa préposition: D'am breur e prenis eul leor deh.
Cette dernière construction, avec le complément indirect en tête précédé de sa préposition, a un sens tout spécial que nous préciserons. Mais on peut aussi, et il faut le faire ordinairement dans ce cas, placer le complément indirect en tête sans sa préposition et le rappeler à la fin à l'aide de la même préposition suivie d'un pronom personnel. Nous avons la septième construction:
VA BREUR A BRENIS EUL LEOR DEZAN DEH
C'est ce qu'on appelle la construction du complément anticipé, ainsi appelée parce qu'il est énoncé avant le verbe et avant qu'on sache même qu'il est complément et quelle sorte de complément. On l'appelle encore construction du double complément, parce que le complément est deux fois exprimé, une fois par lui-même et une autre fois par le moyen du pronom personnel.

Règles d'emploi:

1er cas. Complément du nom: Ar marh a zo du e voue.
Quand on met en tête de la phrase, comme complément anticipé, un complément du nom, on le rappelle après le verbe par l'adjectif possessif placé devant le nom dont il est le complément. Ce possessif s'accordera en personne, nombre et genre avec le complément.
Ar marh a zo du e voue: La crinière du cheval est noire.
Pèr a zo du e dog: Le chapeau de Pierre est noir.
Mona a zo du he zok: Le chapeau d'Yvonne est noir.
Ni a zo du on tokou: Nos chapeaux sont noirs.
Va zad a yeas gwenn e vleo abred: Les cheveux de mon père blanchirent
vite.
Evidon-me a zo sklaer va hont: Pour moi mon compte est clair.
Va amezeg a varvas e dad deh: Le père de mon voisin mourut hier.
Ar gwez a deh o skeud: L'ombre des arbres fuit.

Remarques:

1) Le nom dont le complément est anticipé peut remplir dans la phrase diverses fonctions: sujet, complément direct, indirect ou circonstanciel. Dans les exemples
53

donnés plus haut, le nom était toujours sujet.
Voici le cas d'un complément:
- direct: Va zad a brenis e di warlene: J'achetai la maison de mon père l'année dernière.
- indirect: Va hoar a brenis eun tog nevez d'he merh: J'achetai un chapeau neuf à la fille de ma soeur.
- circonstanciel: Da garr am-eus tennet eur mell skoill diwar e hent: J'ai enlevé un grand obstacle du chemin de ta charrette.
Remarque: On notera que le possessif n'est autre que le pronom personnel régime. Cette observation permettra d'unifier tous les cas que nous étudions et de les ramener tous au cas du relatif: "Mon père que je vois sa tête" : Va zad a welan e benn. "Ma sœur que j'achetai un chapeau à sa fille" : Va hoar a brenis eun tok nevez d'he merh. Va zad a yeas gwenn e vleo abred: Les cheveux de mon père blanchirent vite.
C'est surtout avec le complément circonstanciel que cette tournure trouve de fréquents emplois. Rentrent dans ce cas, par exemple, les phrases qui se terminent par: EM-RAOG: Devant moi - EN DA RAOG: Devant toi - EN E RAOG: Devant lui... WAR E GEIN: Sur son dos- WAR E LERH: après lui – DIWAR E HENT: de son chemin – EUZ A-DRENV E GEIN: de derrière son dos – DIRAG E ZAOULAGAD: devant ses yeux – EN E GENVER: à son endroit – WAR E DRO: autour de lui – EN E BAD: Lui durant – EN E HOUDE: Après lui – D'E VETE: jusqu'à lui, etc...
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MessageSujet: Re: Petite grammaire bretonne   Sam 22 Sep - 12:08

2) Quelle conjugaison employer, synthétique ou analytique?
a) Lorsque le nom dont le complément est anticipé est sujet de la phrase, on emploie la conjugaison analytique:
Me a varvas va zad: Mon père mourut.
Ni a varvas on tad: Notre père mourut.
C'hwi a varvas ho tad: Votre père mourut.
Te a yeas da dad d'ar foar: Ton père est allé à la foire.
An iliz parrez a zo kostezet he zour: La tour de l'église paroissiale est penchée.
b) Dans les autres cas, on emploie la conjugaison synthétique:
Va zad ez is d'e di warlene: J'allai chez mon père l'an dernier.
Ar hrouadur-ze ez on darbaret gand e yehed: Je suis préoccupé de la santé de cet enfant.
Ar hrouadur-ze emaout dalhmad war e dro: Tu es continuellement autour de cet enfant (aux soins de)
Ar vioh-se a garfen kregi en he herniel: Je voudrais prendre cette vache par les cornes.
Cependant, à la 3ème personne, les verbes BEZA et MOND emploient A ZO et A YA, A YEAS, etc.. formes spéciales de conjugaison analytiques pour ces deux verbes.
Ar hrouadur-ze a zo dalhmad e vamm war e dro (au lieu de ema): Cet enfant a continuellement sa mère autour de lui.




Va zad a yeas va breur d'e di warlene (au lieu de ez eas): Mon frère alla voir mon père l'an dernier.
Ar zaout-se a ya ar helien d'o heul: Les mouches suivent ces vaches-là.
Va zad a zo kalz marhadourien war-dro e varh: Il y a beaucoup de marchands autour du cheval de mon père (Beaucoup de marchands s'intéressent au cheval de mon père)
Va breur a zo darbaret va mamm gand e yehed ( et non eo comme le voudrait l'usage de Cornouaille et de la plupart du Tréguier): Ma mère est préoccupée par la santé de mon frère.
Cette règle est valable pour tous les cas où l'on emploie la construction du complément anticipé.

3) Quelle particule verbale: a ou e ?

C'est toujours la particule verbale a (sauf aux 1ère et 2ème personnes des verbes BEZA et MOND), et encore, serait-il incorrect de dire: Va zad a yan da weled e liorz? Ceci s'explique par le fait que cette particule est, ni plus ni moins, un relatif.

4) Dans tous les exemples donnés, il s'agit de propositions indépendantes ou principales, le complément anticipé est toujours quelque chose de déterminé. Avec un complément indéterminé, nous tombons dans la proposition subordonnée relative complétive ou explicative, et nous trouvons ici l'essentiel de la construction des propositions relatives. Il suffira de quelques exemples:
Relative déterminative:
Al leueou a zo ruz o bleo a vo dizonet: Les veaux dont la robe est rouge seront sevrés. (Leueou est à la fois complément anticipé de bleo et sujet de a vo dizonet).
Relative complétive:
Saout am-eus hag a zo mad o lêz: J'ai des vaches dont le lait est bon.
Relative explicative:
An alarh hag a zo nevez spiset e zoh (e gleo) a ree labour vrao:
La charrue dont le soc venait d'être trempé, faisait du joli travail.

2 ème cas: Complément de l'adjectif, du participe passé.
Al leoriou koz a zo sod va breur ganto: Mon frère aime beaucoup les vieux livres (Il est sot – fou - avec les vieux livres)
Quand on place en tête de la phrase, comme complément anticipé, le complément d'un adjectif qualificatif ou d'un participe passé, ce complément est rappelé après le verbe par un pronom personnel précédé de la préposition qui aurait précédé le complément dans la construction ordinaire. Ce pronom s'accorde en personne, genre et nombre, avec le mot qu'il remplace:
Al leoriou koz a zo sod va breur ganto (ou: a zo va breur sod ganto).
Va zad a zo nehet ar medisin gantañ: Le médecin est inquiet au sujet de mon père.
Te da vihanna a zo da vamm mad ouzit: Ta mère est bonne pour toi au moins.


Herri a zo e dad brasoh egetañ: Le père d'Henri est plus grand que lui.
Ar butun on bet d'ar wech troet gantañ: J'ai toujours aimé le tabac.
Remarque: voir remarque 4 ci-dessus au sujet des propositions relatives.
An den a oan bet mad evitañ a oa eun torfedour: L'homme pour qui j'avais été bon était un criminel.
Eun den hag eo bet Doue mad evitañ ne dlefe ket komz evel-se: L'homme que Dieu a secouru ne devrait pas tenir de tels propos.
3 ème cas: Complément circonstanciel d'attribution.
Va breur a brenin eur gontel dezañ: J'achèterai un couteau à mon frère.
La règle est la même que pour le cas précédent. Il suffira donc des exemples:
Va breur a brenin eur gontell dezañ.
Pèr a gomzis outañ deh: Je parlai à Pierre hier.
Va gwreg am-eus joa outi: J'aime ma femme.
Ar mêr edon o varvaillad gantañ deh: Je bavardais avec le maire hier.
Ar pillaouer a vez greet goap anezañ: On se moque du chiffonnier.
Va zud a gimiadin diouto warhoaz: Je prendrai congé de mes parents demain.
Va mignon a glevis gantañ eur helou mad: Mon ami m'apprit une bonne nouvelle.
Ar frankiz a blij d'ar brizonidi soñjal enni: Les prisonniers aiment penser à la liberté.
Dour ha bara zeh n'hell ket an den beva diwarno: On ne peut pas vivre de pain sec et d'eau fraîche.
Va amezeg en em gavis araozañ er vourh: Je me trouvai au bourg avant mon voisin.
Ar medisin a yeas va breur da gomz outañ: Mon frère alla parler au médecin.
Me a zo deuet va breur da gaoud joa ouzin: Mon frére en est venu à m'aimer.
Remarque: Toujours la même au sujet des propositions relatives.
An den a dehin-me araozañ n'eo ket ganet c'hoaz: L'homme devant qui je fuirai n'est pas encore né.
Mond a hellez da glask eun den hag a dehfen-me araozañ: Tu peux toujours aller chercher un homme devant qui je fuirai.
Pèr, hag a brenis eur gontell dezañ, n'eo ket mignon din koulskoude: Pierre, à qui j'ai acheté un couteau, n'est pas mon ami pour autant.
Noter que de telles expressions qui ont allure d'idiotismes ne sont rien autre que l'application régulière de cette règle: Me a gav din, a fell din..
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MessageSujet: Re: Petite grammaire bretonne   Sam 22 Sep - 12:09

4 ème cas: Complément circonstanciel.
Bolz ar steredenn a dremenas ar zoudarded dindani: Les soldats passèrent sous l'arc de triomphe.
Le complément est rappelé après le verbe soit par un possessif (comme dans le premier cas), soit par un pronom personnel (comme dans les 2éme et 3éme cas)


Bolz ar Steredenn a dremenas ar zoudarded dindanni.
Ar ster a lammas ar vugale dreisti: Les enfants sautèrent par dessus le ruisseau.
Eur harr all a bignom e-barz: (Kalloh): Nous montons dans une autre charrette
Miz eost diweza a oa medet ar parkad gwiniz: Le champ de blé fut moissonné au mois d'août dernier.
Pèr am-eus kalz poan en abeg dezañ: J'ai beaucoup de peine à cause de Pierre.
Remarques:

1) Voir encore la remarque 4 du 1er cas concernant les relatives.
Ar ster a lammas ar vugale dreisti a zo striz: Le ruisseau que les enfants franchirent est étroit.
Eur ster hag a lamm ar vugale dreisti a rank beza striz: Un ruisseau que franchissent les enfants doit être étroit.
Ar ster vraz, hag a lammas ar vugale dreisti a zo peuz-ledan: La grande rivière que les enfants franchirent est presque large (plutôt large).

2) Toutes les prépositions combinées avec le pronom personnel peuvent terminer les phrases à complément anticipé. Celui-ci est alors complément indirect ou circonstanciel du verbe.
Drezon, razon, etrezom, dirazon, araozon, hebdon, hervezon, ennon, warnon, diwarnon, ahanon, evidon, dreiston, eveldon, egedon, estregedon, davedon, nemedon, panevedon, ouzin, diouzin, ganin, diganin, etc...

Beteg ennon, war-zu ennon, trema ennon, daoust din, em heñver, em hichenn, a-dreñv din, a-uz din, em goude, enm bete, war va lerh, em eneb (ou a-eneb din) en on touez, en or mesk, war o zro, em hreiz etc...

5 ème cas: Complément de l'infinitif.
Al labour-ze a zo red hen ober: Il faut faire ce travail, ce travail, il faut le faire.

Même règles que pour les cas 3 et 4:
Al labour a zo red hen ober.
Va breur a glaskan e zikour: Je cherche à aider mon frére.
Ar marh gell a zo diêz sevel war e gein: C'est difficile de monter sur le cheval bai.
Va breur a garfen prena dezañ eur gontell: Je voudrais acheter un couteau pour mon frère.
An hini klañv am-eus c'hoant kas an oll diwar e dro: J'ai envie de débarrasser le malade de tous ceux qui l'entourent.
Remarque: voir encore la remarque 4 du 1er cas.
Berr e vezim gand al labour a zo red hen ober hirio: Nous serons en retard pour le travail qu'il faut faire aujourd'hui.


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Remarques générales sur l'emploi de la construction du complément anticipé:

1) Cette construction s'impose dans les propositions subordonnées; sinon on est réduit à l'emploi du pseudo-relatif PEHINI, et on dirait, par exemple: Ar marh war gein PEHINI eo diêz sevel a vo gwerzet.
2) En général, il ne faut pas commencer une phrase par le complément précédé de sa préposition:
Ainsi au lieu de: D'an diaoul e teuer êz a-walh da veza mignon; il faut dire: AN DIAOUL A ZEUER EZ A-WALH DA VEZA MIGNON DEZAN: On devient facilement l'ami du diable.
Au lieu de: D'ar re o-deus kuitaet o zud dre garantez evitañ, Doue a roio
digoll, il faut dire: Ar re o-devo kuitaet o zud dre garantez evitañ, Doue a roio digoll dezo: Dieu récompensera ceux qui auront quitté les leurs pour lu
digoll il faut dire: Ar re o-devo kuitaet o zud dre garantez evitañ, Doue a roio digoll dezo: Dieu récompensera ceux qui auront quitté les leurs pour lui.

Au lieu de: Euz Mari Doue en-devoa c'hoant da ober skwér ar mammou, il faut dire: Mari en-devoa Doue c'hoant da ober anezi skwér ar mammou: Dieu voulait faire de Marie le modèle des mères.
Au lieu de: D'ar vistri e oa êz komandi: Ar vistri eo êz dezo komandi: Il est facile pour les maîtres de commander.
Si on commence par la préposition, c'est qu'on met l'emphase non pas seulement sur le mot qui est complément, mais sur le sens même du complément (sur la préposition):
Heb ar brezoneg, n'eus Breiz ebed est plus fort que: Ar brezoneg n'eus Breiz ebed heptañ: Sans le breton il n'y a pas de Bretagne.
De même: Em heñver da vihanna eo bet mad a-walh va breur, au lieu de: Me da vihanna eo bet mad a-walh va breur em heñver: à mon endroit au moins, mon frère a été bon.
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MessageSujet: Re: Petite grammaire bretonne   Sam 22 Sep - 12:11

LE VERBE AVOIR
Comment le traduire en breton?
Dans une méthode de breton on trouve les exemples suivants:
J'ai deux manteaux: “Diou vantell am-eus”.
J'ai un cheval:”Eur marh a zo ganin.”
Combien d'enfants as tu?:” Ped bugel a zo dit.”
On est tenté de traduire le verbe français AVOIR par la forme "AM-EUS" comme si on pouvait prendre les formes grammaticales "AM-EUS" , "A ZO DIN" , "A ZO GANIN" l'une pour l'autre.
Le génie de la langue est ici en jeu, il possède tant de richesses que nous risquons de les perdre sous l'influence du français.
En fait "AM-EUS" n'est employé que pour exprimer:
- La possesion.
- L'appartenance.
La forme "AM-EUS" signifie "à moi est".
Notons la différence:
Eur bragou berr am-eus: J'ai un "short" - je suis en culotte courte et: Me a zo berr va bragou: Mon pantalon est (trop) court.
Voyons successivement les nuances que représentent les trois formes de construction rencontrées ci-dessus: "AM-EUS" - "A ZO GANIN" - "A ZO DIN"

POSSESSION-APPARTENANCE:

1. AM-EUS:
Cette forme correspond au sens ordinaire du verbe AVOIR et exprime la possession, la propriété.

1) J'ai un chien: Eur hi am-eus
Nous avons du beau temps: Amzer vrao on-eus.
J'ai eu un livre pour rien: Eul leor am-eus bet evid netra.
2) C'est par la forme AM-EUS que l'on construit l'auxiliaire avoir: Kavet am-eus: J'ai trouvé.

2. A ZO GANIN:

1) Cette forme n'exprime pas la possession ou la propriété mais indique que quelque chose est sur moi ou m'accompagne.
Eun tog nevez a zo ganin: Je porte un chapeau neuf (sur la tête ou autrement).
Eun tog a oa ganti war he fenn: Elle portait un chapeau sur la tête.
On dira aussi bien: Va zog nevez a zo ganin
mais non point: Va zog nevez am- eus.
Va breur a zo ganin: Mon frère m'accompagne.
Da-unan emaout o chom?: Tu habites seul?
N'emaon ket.Va mamm a zo ganin: Non. ma mère habite avec moi.

2) Il est une construction bien bretonne pour traduire ce qui est attribut plutôt que complément d'objet.

"La soupe a bon goût" est souvent traduit par “Ar zoubenn he-deus blaz vad”.En ce cas soubenn reste sujet. Le goût agréable que possède la soupe n'est La soupe a bon goût est souvent traduit par "Ar zoubenn he-deus blaz vad".En ce cas soubenn reste sujet.Le goût agréable que posséde la soupe n'est pas une possession de cette dernière, mais plutôt une qualité, une propriété et le breton dira:
BLAZ VAD A ZO GAND AR ZOUBENN.
ou
BLAZET MAD EO AR ZOUBENN.

De même: "Quelle maladie a-t-il?" Sous l'influence du français on aura tendance à dire: Peseurt kleñved e-neus? Mais la maladie n'est pas une chose possédée - c'est la maladie qui possède le malade. On dira mieux:
PESEURT KLENVED A ZO GANTAN?
AR RUZELL A ZO GANTAN: Il a la rougeole.
On dira aussi:
Gand peseurt kleñved eo dalhet?
Peleh ema ar boan ganeoh?: Où avez vous mal?
59

Il eut peur: An aon a grogas ennañ.
Il a froid: Riou e-neus.
Mais on peut dire mieux:
Gand ar riou ema.
Ar riou a zo gantañ.
Rivet eo.
Il a faim: Naon e-neus.
Mais on dira mieux :
Gand an naon ema.
Il s'agit d'un état. Naonet eo serait trop fort.
Il a bonne mine: Liou mad e-neus.
On dira mieux:
Doare vad a zo gantañ.
"Nous avons du beau temps" se dirait plus volontiers: Amzer vrao a zo ganeom ou Amzer vrao a zo warnom. Il a le dessus: An tu gounid a zo gantañ.
Ar maout a zo eet gantañ: (En souvenir du "maout" que portait à bout de bras, au-dessus de sa tête, pour faire le tour de la lice, le lutteur qui l'avait emporté sur ses camarades).
Il a douze ans: Daouzeg vloaz eo (Et non point: “Daouzeg vloaz e-neus”):
L'âge n'est pas une possession mais un attribut, une qualité.
Nous les aurons: Dond a raim a-benn anezo.
Tu as de allumettes?: Alumetez az-peus?
Tu as des allumettes? (sur toi): Alumetez a zo ganit?
Tu as les paroles de la vie éternelle: Ganit ema komzou ar vuhez peurbaduz.
Il a la peau blanche: Gwenn eo e groc'henn ou Kroc'hennet gwenn eo.
Le champ a deux bouts: Daou benn a zo d'ar park.
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MessageSujet: Re: Petite grammaire bretonne   Sam 22 Sep - 12:12

3. A ZO DIN.
A ZO DIN exprime bien la possession et insiste même sur la propriété et sur la possession:
Cette maison m'appartient: An ti-ze a zo din.
Le chapeau que je porte est à moi: An tog a zo ganin a zo din. Eun tog nevez am-eus, med an tog a zo ganin n'eo ket din.
Cette phrase donne les trois tournures: J'ai un chapeau neuf mais le chapeau que je porte ne m'appartient pas.

Emploi de A ZO DIN.

1) Dans les phrases affirmatives il faut distinguer:
A ZO DIN ne peut s'employer que si le sujet du verbe, la chose possédée est déterminée:
J'ai un chapeau (indéterminé): Eun tog nevez am-eus et non Eun tog nevez a zo din.
Ce chapeau que je porte (déterminé) m'appartient: An tog a zo ganin a zo din, et non am-eus.




2) Dans les phrases négatives, on emploie toujours am-eus et non a zo din, que la chose possédée soit déterminée ou indéterminée.
N'am-eus tog ebed: Je n'ai aucun chapeau.
N'am-eus nemed an tog a zo ganin: Je ne possède que le chapeau que je porte.
Si on veut insister sur la propriété on peut dire:
N'am-eus nemed eun tog (ou an tog-mañ) hag a vefe din.
Je n'ai qu'un chapeau (ou ce chapeau) qui m'appartienne.
De même on dirait:
N'am-eus nemed eun ti (pe an ti-ze) hag a vefe din, hag a vefen perhenn dezañ, hag a vefe war va ano: Je n'ai qu'une seule maison dont je suis propriétaire, qui m'appartienne (qui soit sur mon nom).

Les trois formes peuvent être explicitées par le dialogue suivant
Ped a vugale az-peus? - Pevar am-eus.
Ped a zo dit? - O fevar a zo din, emichañs!
Ped a zo ganit? - Daou a zo ganin.
C'est à dire:
Combien d'enfants as tu? - J'en ai quatre.
Combien sont à toi? - Tous les quatre, je suppose.
Combien sont avec toi? - Deux.
4. Expressions bretonnes:

Mais le verbe avoir se rend encore de diverses façons suivant le génie de la langue et en suivant de plus prés les nuances de la pensée.
Ainsi:
"J'ai chaud" se rendra par: TOMM EO DIN.
Il m'est difficile d'aller: Diêz eo din mond.
Il n'en finira pas: Ne vo fin ebed dezañ (Au lieu de: N'e-no fin ebed)

5. Nous trouverons encore la préposition DA dans des expressions à sens de relatives:

Eur paotr DEZAN bleo melen: Un garçon qui a des cheveux blonds, ou encore: Ar paotr a zo melen e vleo.

6. Il est des cas où le complément du verbe avoir est un véritable attribut et dans certaines régions de Cornouaille en particulier on traduira par le verbe BEZA:

Quel âge avez vous? Pe oad oh? (au lieu de: Pe oad ho-peus?)
J'ai quinze ans: Pemzeg vloaz on (au lieu de am-eus)
Pe liou eo bragou Pér? (au lieu de Peseurt liou e-neus bragou Pér?)
De quelle couleur est le pantalon de Pierre?
Cornouaille: Quelle taille avez-vous? Pe vent oh? ou : Peseurt zao oh?
Il a une bonne taille: Eur vent vrao a zen eo au lieu de: Eur vent vrao
e-neus.
Quel poids a-t-il ? Pe bouez eo ? ou: Pe bouez a ra au lieu de: Pe bouez e-neus.
Il pèse trente livres: Tregont lur a zo ennañ.
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MessageSujet: Re: Petite grammaire bretonne   Sam 22 Sep - 12:14

LE PARTICIPE PRESENT (Ar stumm ober)

Comment le rendre en breton?
Ici encore, ce n'est pas de translittération qu'il s'agit, ni de mettre le mot correspondant d'une autre langue à la place d'un mot d'une première langue: il s'agit de traduction, rendre dans une autre langue des pensées et des sentiments.

1. Le participe présent employé absolument, sans préposition, exprime un état, une attitude, une qualité (eur perz) et correspond à un adjectif possessif.
a) Il se rend, à l'exemple du français, par un adjectif dérivé du verbe correspondant, avec le suffixe: UZ.
Des travaux fatigants: Labouriou skuizuz.
b) Par une subordonnée relative ou incidente:
Labouriou hag a skuiz.
c) Par d'autres adjectifs ou expressions équivalentes:
Labouriou tenn - Labouriou kaled.
d) Autres exemples:
Un homme séduisant: Eun den desevuz, plijuz - Eun dezeo a zen - Eun den hag a zeseo.
Une nouvelle étonnante: Eur helou souezuz; hag a lak an den souezet.
Des routes glissantes: Heñchou riskluz, henchou hag a rikler warno.
Des paroles piquantes: Komzou flemmuz, hag a flemm.
Eaux dormantes, stagnantes: Dour-gwenn, dour- sah.
Chemins sinueux: Henchou troidelluz / kamm-digamm.
Eux jaillissantes: Dour- stivell.
Routes montantes: Hent war zao, war greh, war bign.
Routes descendantes: War zinao.

2. Le participe présent indique une action. Il se traduit en breton par l'infinitif précédé de la particule "EN EUR" ou "E-SER", soit de la particule "EN EUR", soit encore "O".

Avec "EN EUR", "E-SER", il indique une action qui se poursuit en simultanéité avec une autre, simplement en simultanéité sans impact de l'une sur l'autre. En français on appelle parfois cette construction "gérondif"; un "gérondif ablatif" et se rend par "TOUT EN" à l'infinitif.
Il lit tout en marchant: Lenn a ra en ur (e-ser) gerzed.
ou aussi bien: Kerzed a ra en eur lenn, suivant l'importance que l'on veut donner à l'une ou l'autre action. L'action la plus importante est au mode personnel.
Elle tricote tout en veillant sur son enfant: Ober stamm a ra en eur deurel evez ouz he hrouadur.
Kutuill bleuniou a ra en eur (e-ser) dreuzi ar hoad: Il cueille des fleurs tout en traversant le taillis.


Parfois la simultanéité prend la nuance d'une action qui se poursuit dans le temps avec le sens de "au fur et à mesure".
En vieillissant (au fur et à mesure que l'on vieillit) on devient plus sensible: En eur goza e teuer da veza kizidikoh.
On rend cette nuance avec la préposition "DRE MA" et le verbe à un mode personnel. On obtiendra la même nuance:
DRE-MA koza e teu da veza kizidikoh.
Eur pez mad eo paea dre ma'z eer : C'est une bonne habitude de payer au fur et à mesure (de ses dépenses).
Dre ma kresko e rento ar mab servij deom: Au fur et à mesure qu'il grandira, le fils nous rendra service.
Dre ma'z i sell a-zehou hag a-gleiz: Tout en allant (au fur et à mesure que tu iras) regarde à droite et à gauche.
"O" et l'infinitif correspond au participe présent avec "EN" en français. Ici le participe présent vient compléter ou expliquer la proposition principale et correspond à une subordonnée non incidente précisant les circonstances, les modes, le temps ou l'action principale.
Il est tombé en allant en ville: Kouezet eo o vond e kêr.
C'est en forgeant que l'on devient forgeron: O hoveliad eo e teuer da veza gov (A-forz da hoveliad.....)
Il apprend en lisant (par le moyen de la lecture): Deski a ra o lenn.
O selaou ar gonchenn eo en em roet da gousked: Il s'est endormi en écoutant l'histoire.
O selaou anezañ e vezer boemet: En l'écoutant on est séduit.
Ouz e gleved, ni n'om ket fur a-walh: En l'écoutant (d'après ce qu'il dit)
nous ne sommes pas très malins.
O klask gounid re e koller a-wechou: En essayant de gagner trop on perd quelques fois.
O loh dioustu e vezoh abred: En partant tout de suite (si vous partez tout de suite) vous seriez de bonne heure.
O chom dindan ar glao e-neus paket riou: En restant sous la pluie, il a froid.
Il ne s'agit plus seulement de simultanéité, il y a, de la part du participe présent une incidence sur la proposition principale, un complément, une explication, une justification.
"O" et l'infinitif avec le verbe BEZA, indique un état et demande la forme "EMA" - "EDO" - de temps et de lieu.
La construction correspond au français "EN TRAIN DE"
E peleh emaout o koza?: Où demeures tu dans ta vieillesse?
O vedi ema: Il est en train de moissonner - Il est moissonnant.
Eñ, o ruzia gand ar vez : Eñ, o ruza gand ar veza.

V oir aussi la préposition: DRE - DRE-MA - GAND - GAND MA
et: Da et l'infinitif: Da hortoz: En attendant.
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MessageSujet: Re: Petite grammaire bretonne   Sam 22 Sep - 12:15

COMMENT CONSTRUIRE UNE PHRASE

Généralités.
Une langue n'est pas seulement un vocabulaire; c'est la syntaxe qui compte le plus. La forme et la place à donner à chaque mot suivant sa fonction dans la phrase: sujet, verbe, complément, etc… C'est dans la syntaxe qu'une langue témoigne le mieux de son originalité et de son génie propre, sa plus ou moins grande capacité de rendre jusqu'aux expressions les plus nuancées de la pensée et du sentiment.

IL Y A DEUX SORTES DE PHRASES OU DE PROPOSITIONS:

La proposition indépendante est celle qui ne dépend d'aucune autre et qui a un sens complet, soit par elle-même, soit à l'aide d'une proposition subordonnée:
Da bourmen ez an: Je vais me promener.
Elle est nommée principale quand une autre proposition en dépend:
Da bourmen ez an peogwir eo brao an amzer: Je vais me promener puisque le temps est beau.
La proposition subordonnée est celle qui dépend d'une autre et s'y rattache au moyen d'un mot conjonctif de subordination: pronom relatif, mot interrogatif entre deux verbes.
Peogwir eo brao an amzer est une proposition subordonnée.
Me a lavaro deoh (ind; princ) piou a zo deuet (sub): Je vous dirai qui est arrivé.
1 - La proposition indépendante affirmative
En français, voici la suite habituelle des mots par fonction:
Sujet - verbe - complément direct - indirect - circonstanciel:
Le garçon a ramassé les pommes dans le jardin ce matin.
En breton on pourrait suivre la même règle et dire:
Ar paotr e-neus dastumet an avalou el liorz, er minitin-mañ.
Mais on peut également commencer par n'importe lequel des mots et les faire se suivre comme on veut en tenant compte de l'importance des sens et des mots.
On peut commencer:
1. Par le sujet:
Ar hereour e-neus greet din eur re voutou-ler nevez: Le cordonnier m'a fait une paire de souliers neufs.
2. Par le complément direct:
Eur re voutou-ler nevez e-neus greet din ar hereour.
Ou encore par utilisation du double complément:
Pér e-neus greet ar hereour eur boutou-ler nevez dezañ.
3. Par le complément indirect:
Din e-neus greet ar hereour.....Da Bér e-neus greet ar hereour eur re voutou-ler nevez.
4. Par le participe passé:
Greet e-neus din ar hereour eur re voutou-ler nevez.5. Par le complément circonstanciel:


Deh e-neus greet din ar hereour....
6. Par un adverbe:
Neuze e reas din ar hereour.....
7. Par l'infinitif:
Ober a reas din ar hereour....
8. Par un membre de phrase complément:
Ober eur re voutou ler nevez.

VOICI QUELQUES REGLES GENERALES:

A - Le verbe peut être placé en tête de la proposition indépendante affirmative.

1. S'il s'agit de l'infinitif:
Labourad mad a ra: Il travaille bien.
2. S'il est à l'impératif:
Bezit fur hag ho po plijadur: Soyez sages et vous vous amuserez.
3. S'il s'agit d'un adjectif ou d'un participe passé:
Brao eo e vragez: Son pantalon est joli.
Penseliet mad eo e vragez: Son pantalon est bien rapiécé.
4. Dans les propositions qui commencent par "O" - "En eur" - "Gand" - "Goude" - "Evid", etc… et l'infinitif pour marquer une action qui se poursuit, participe présent en français ou en train de....
- Il attend la mort: O hortoz ar maro ema.
- Pour aller en ville, il passe par ici: Evid mond e kêr e tremen dre amañ.
- Il cueille des fleurs tout en allant: En eur vond e kutuilh bleuniou.
- En revenant de la maison, je me suis souvenu: O tond d'ar gêr ez euz deuet soñj din.
- La sagesse vient quand on avance en âge: O koza e teu furnez d'an den.
- En passant sur le bord de la rivière, je le vis: O tremen war ribl ar ster e welis anezañ (ou: E-keid ha m'edon o tremen..).
- En causant avec les personnes âgées j'ai appris le breton: En eur gonta kaoz gand ar re goz am-eus desk et brezoneg.
- A condition de rabattre sur le prix (causale): Gand distaoler war ar priz.
- Pour vivre heureux: Evid beva gand levenez.
B - Quand on emploie la conjugaison synthétique (sujet après le verbe) avec la particule verbale "a" ou "e" avant le verbe, on ne peut mettre le verbe en tête de la phrase, à moins qu'il ne soit précédé d'un autre mot.
On ne dira pas: E rin evidoh eur hollier gand perlez va daelou: Je vous ferai un collier avec les perles de mes larmes
Mais on peut dire: Evidoh e rin eur holier gand perlez va daelou...Warhoaz e rin eur holier....
On dira: Goude-ze e paouezas ar paotrig da ouela: Le garçon cessa alors de pleurer.
Mais on ne dira pas: E paouezas goude-ze.
On dira: Araog ma oa dihunet mad e savas ar vatez: La servante se leva avant d'être bien réveillée.




On ne dira pas: E savas ar vatez araog....
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MessageSujet: Re: Petite grammaire bretonne   Sam 22 Sep - 12:16

2 - Les propositions independantes négatives

QUELQUES REGLES GENERALES.

1. Entre "NE" et "NA" et "KET" on mettra le verbe seul, s'il est à un temps simple (non composé):
An toèr ne labour ket hirio: Le couvreur ne travaille pas aujourd'hui.
N'eo ket yah mad er mare-mañ: Il n'est pas en bonne santé ces jours-ci.
2. Dans un temps composé on met l'auxiliaire entre "NE" et "KET":
N'eo ket bet gloazet, gwella pez a zo: Il ne fut pas blessé, heureusement.
3. Dans les propositions négatives, tant principales que subordonnées, on emploie toujours la conjugaison synthétique:
N'oa ket medet c'hoaz ar gwiniz: Le blé n'était pas encore coupé.
Me a ouie ne zeufe ket Pér d'ar park: Je savais que Pierre ne viendrait pas au champ.
On ne dira pas:
“Me a ouie Pér ne zeufe ket.”
Me a grede din ne zeufem ket a-benn: Je pensais que nous n'arriverions pas.
On ne dira pas: “Me a grede din ni ne zeufen ket.”
4. Au lieu de "KET" on trouve d'autres particules ou tournures du même sens comme: Netra - Biskoaz - Biken - Morse - Gwech ebed - Mui - Tamm ebed – Kennebeud, etc.....
Autant d'expressions qui peuvent trouver place en tête de la phrase pour en accentuer le poids:
Biskoaz n'am-eus gwelet kemend all: Je n'ai jamais vu pareille chose.
N'eus den ebed ken gouizieg: Personne n'est aussi instruit.
N'oa ket nemeur a dud: Il n'y avait pas grand monde.
N'eus ket ken a laboused (ou: N'eus ken...n'eus mui...): Il n'y a plus d'oiseaux.
Ne ran ket a forz (ou: Ne ran forz - Ne ran forz ebed): Cela m'est indifférent.
5. Le négatif et l'infinitif.
On est tenté de mettre "NOMPAZ" (Voir Garnier):
Gwelloh eo nompaz eva re: Il vaut mieux ne pas trop boire.
Mais d'autres expressions existent:
Gwelloh eo chom heb eva re.
Gwelloh eo dezañ paouez da eva re.
6. Dans certaines régions on rappelle le sujet en fin de proposition par une préposition qui s'accorde.(En Cornouaille surtout):
Ar hezeg n'int ket ker anê (anezo) er mare-mañ: Les chevaux ne sont pas chers en ce moment.
Ar wreg n'eo ket deuet c'hoaz d'ar gêr anei? (anezi): La patronne n'est pas encore rentrée?
Ne astennont kont'bed anê (anezo): Ils n'entretiennent pas la conversation.
7. EUZ, ANEZAD - Pour exprimer l'existence seule on ne dira pas:
"Eun Doue a zo" med: DOUE A ZO ANEZAN.
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Ar paotrig n'eus ket anezañ: "Il n'y a pas de lui": Il ne fait pas le poids.

3 - Les propositions subordonnées
REGLES GENERALES.

1. La proposition subordonnée peut prendre place avant ou après la principale suivant l'importance qu'on veut lui donner ou non:
Ma vez glao e chomin er gêr: S'il pleut, je ne sortirai pas.
Pa zeuio an hañv ez in da bourmen: Quand viendra l'été, j'irai me promener.
Me a gred din e vo brao an amzer: Je crois qu'il fera beau temps.
2. La proposition subordonnée est introduite par une particule: Pa - E-pad ma - Goude ma - Dre ma, etc... suivant le sens (temporelles, causales, finales, concessives, etc...)
3. Dans les propositions subordonnées, la conjugaison synthétique (sujet après le verbe) s'impose:
On ne dira pas: “Kredi a ran ni a vezo vag dizul.”
mais: Kredi a ra din e vezim vag dizul: Je crois que nous serons libre dimanche.
On ne dira pas:” Aon am-eus ar haboser ne zeufe ket”.
mais: Aon am-eus ne zeufe ket ar haboser: J'ai peur que le pelletier ne vienne pas.
Au lieu de la particule on peut avoir un pronom interrogatif:
N'ouzon ket peur e teuio. N'ouzon ket ha dond a raio: Je ne sais pas s'il viendra.
N'ouzon war beseurt dor skei: Je ne sais pas sur quelle porte frapper.
4. Le sujet suit aussitôt le verbe:
Me a garfe e teufe Paol d'ar gêr et non point: “Me a garfe e teufe d'ar gêr Paol.”
Divizet ez eus e labourfem a zaou-hanter : Il a été entendu qu'on travaillerait en partageant les recettes.
On ne dira pas:
“Divizet ez eus ni a labourfe a zaou-hanter”.
Kredi a ran e vo va breur da genta: Je crois que mon frère sera le premier.
On ne dira pas:
“Kredi a ran e vo da gentañ va breur”.
Cependant s'il s'agit d'un attribut ou d'un complément circonstanciel on peut le mettre aussitôt après le verbe et avant le sujet:
Klevet am-eus eo kouezet klañv va breur ou Klevet am-eus eo kouezet va breur klañv: J'ai entendu dire que mon frère est tombé malade.
Gouzoud a ran e savo abred an heol ou Gouzoud a ran e savo an heol abred: Je sais que le soleil se lèvera tôt.
Gweled a ran ez a gwelloh da yehed ou Gweled a ran ez a da yehed gwelloh: Je vois que tu te portes mieux.
5. Si la proposition subordonnée se trouve placée avant la principale, on mettra la particule "e" ou "a" avant le verbe de la principale:
Peogwir eo klañv ez in en e blas: Puisqu'il est malade je le remplacerai.
Araog pemp eur am-eus kuiteet: J'ai quitté avant cinq heures.
Evid distrei e kemero Pér an tren: Pour le retour Pierre prendra le train.


Pa vo enaouet tour-tan Batz e helli dond d'ar gêr gand ar zaout: Quand le phare de l'île de Batz sera allumé, tu pourras rentrer les vaches.
Maintenant il nous reste à étudier les propositions subordonnées l'une après l'autre.

4 - Les subordonnées incidentes ou relatives

Elles viennent déterminer ou expliquer le sujet, l'attribut ou le complément d'objet direct du verbe de la proposition principale.
Elles sont introduites par un pronom relatif: QUE - QUI - DONT.
Le mot ainsi déterminé est appelé antécédent. Cet antécédent est relié au verbe par le pronom relatif a ou e (na ou ne).
L'antécédent peut être le sujet:
An hini a garan (Celui que j'aime) a zo eet pell diouz ar gêr.
Rodig a dro (Petite roue qui tourne) a foet bro (fait du chemin).
ou l'attribut:
An hini a zo braz eo va breur (Le grand c'est mon frère).
ou le complément d'objet direct:
Al lizer a skrivan: La lettre que j'écris.
ou le complément d'objet indirect:
An ti a zo eur prenest nevez warnañ (La maison a une fenêtre neuve).
(Ici nous avons l'emploi du double complément).
Cet "a" qui fait la liaison est un pronom relatif qu'il ne faut pas confondre avec "a" particule verbale que nous trouvons dans la phrase suivante:
Al laboused a gan brao: Les oiseaux chantent bien.
Remarquons bien: An den a labour (a pronom relatif) a hounid e vara (a particule verbale): L'homme qui travaille gagne sa vie.
Serr an nor a sko war ar porz (a pronom relatif): Ferme la porte qui donne sur la cour.
An ti a zo nevez razet eo ar bravañ (a pronom relatif): La maison qui est nouvellement blanchie à la chaux est la plus belle.
Va zi a zo nevez razet (a particule verbale).

Il y a deux sortes de subordonnées incidentes ou relatives:
- Celles qui viennent déterminer l'antécédent ou déterminatives. L'antécédent dans ce cas est indéterminé et il faut le préciser.
- Celles qui viennent expliquer, compléter le sens le sens d'un antécédent déterminé ou explicatives.
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MessageSujet: Re: Petite grammaire bretonne   Sam 22 Sep - 12:18

1) LES PROPOSITIONS DETERMINATIVES:

An den a labour a hounid e voued: Celui qui travaille gagne sa vie. Ce n'est pas n'importe qui mais celui-là qui travaille.
Ar bokedou a glaskan eo ar re ruz: Les fleurs que je cherche sont les rouges. Ce n'est pas n'importe lesquelles mais les rouges.
Ar vro a gomzan anezi eo Breiz-Izel: Le pays dont je parle c'est la Bretagne.
Si l'antécédent porte sur le lieu ou le temps la particule de liaison sera MA ou


El LEH MA:
Le lieu:
Ar geriadenn el leh m'edom o chom enni: La ville où nous demeurions.
On peut alléger la phrase en supprimant "el leh" et "enni".
Ar geriadenn m'edom o chom.
An toull ma oan kuzet ennañ.

Le temps:
En amzer ar brezel m'on-doa poan o kaoud bara: La période de la guerre où nous trouvions difficilement du pain.

La subordonnée explicative correspond, soit à un adjectif, soit à une tendance ou un penchant:
Il y a des gens qui trouvent à redire: Tud 'zo hag a gav abeg.
Tud hag a zo troet da gavoud abeg - Burutellerien a gaver.

2) LES PROPOSITIONS EXPLICATIVES:

Elles viennent expliquer l'antécédent, en compléter le sens. L'antécédent est déterminé.
Elles sont introduites par la particule "HAG A" (affirmative) ou "HA NA" (négative).
Ar mab henañ hag a zo yaouank c'hoaz: Le fils aîné qui est encore jeune.
Simple attribut et on pourrait dire: Ar mab henañ, yaouank c'hoaz.
An amezeg hag a oar skriva brao a gaso eul lizer: Le voisin qui écrit bien expédiera une lettre.
Per hag a blij dezañ lenn a vo kontant: Pierre qui aime lire sera content.
Eur marh eo ha ne-neus si ebed: C'est un cheval qui n'a aucun défaut.
Ar park-se ha ne vez ket ket labouret, bloaveziou'zo, troet e frostaj: Ce champ-là qui n'est pas travaillé depuis des années est une friche.
Bez ez euz tud ha na lavaront ger (Kervella 808).
Ar pez a zo aze ha ne welan ket (Moal - Mojenn an Ankou, P.6)
Notes: Voici deux phrases à comparer:
An avalou a zo brein: Proposition indépendante: Les pommes sont gâtées. "a" est particule verbale.
An avalou a zo brein a vo taolet kuit. Les pommes qui sont gâtées seront jetées. "a" est pronom relatif.

3) LA PROPOSITION SUBORDONNEE INCIDENTE AVEC ANTECEDENT COMPLEMENT INDIRECT OU CIRCONSTANCIEL:

Nous tombons dans la formation dite "à complément anticipé" ou "à double complément".
Le complément est mis en tête de la préposition et exprimé une deuxième fois avec le pronom possessif ou par un pronom personnel suivant la proposition qui convient (Voir Kervella n° 811 et 750)
Le complément:
An hini n'eo ket deuet, gwaz a-ze evitañ: Tant pis pour celui qui n'est pas venu.
Ar paotrig bleo melen dezañ: La garçon qui a les cheveux blonds.
Per a c'houezas e vamm dezañ e fri: Sa mére moucha Pierre.
Va horf skuiz ennañ pep ezel (Calloc'h): Tous mes membres sont fatigués.
Ar zaout a gasan ar helien diwar o zro: Je débarrasse les vaches des mouches.
An deñved am-eus kaset ar hi war o lerh: J'ai lâché les chiens après les moutons.
An dominoiou ez on sod ganto: Le jeu de domino dont je raffole.
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MessageSujet: Re: Petite grammaire bretonne   Sam 22 Sep - 12:20

PRONONCIATION

1 - Les suffixes er, éréz, èrèz.

1) Le suffixe er (féminin: éréz) est un suffixe d'agent employé pour désigner l'agent d'une action et correspond à la terminaison "eur" en français: cultivateur: celui qui cultive: Labourer.
On a ainsi par exemple: Poder: Potier - Guyader: Tisserand - Barazer: Tonnelier - Kiger: Boucher - Perrukenner: coiffeur - Toer-mên: couvreur en ardoises. - er peut devenir our, forme plus celtique dit VALLEE (Dict. p XVII) et s'emploie pour indiquer des occupations moins matérielles: Sant Yann Vadezour (Saint Jean Baptiste) - Madoberour: bienfaiteur - Ti-savour: architecte - Livour: peintre - Jubennour: interprète.

2) Ce même suffixe er désigne aussi un trait de caractère, une tendance, une qualité, un défaut: Dispigner: dépensier - Filouter: filou (la pièce: Ar filouter fin) - Sorser: sorcier - Riboter: débauché - Glabouser: bavard - Pilpouzer: hypocrite - Chaoger: cancanier - Arboeller: économe.

3) Le féminin est éréz avec deux "é" fermés comme dans mévél, dalé, balé, et le français: été, chanté. Il est surmonté d'un accent aigu: Kigéréz: bouchère, Guyadéréz: Tisserante - Chaogéréz: cancanière - médérez: moissonneuse.
Cette même désinence en éréz désigne aussi l'agent mécanique correspondant: Médérez: moissonneuse mécanique - Dornérez dre gezeg: Batteuse à chevaux- C'hwennéréz: sarcleuse - Stlejéréz: Tracteur.
NOTE: Pour tous les cas signalés jusqu'ici K.L.T. et Vannetais suivent les mêmes règles.

4) Ce même suffixe èrèz avec deux "è" ouverts comme dans les mots: èlèz, rouantèlèz (ou en français: lès ou laid), désigne la profession, l'art, l'état: War ar bodèrèz eo barreg bremañ: Il s'y connaît maintenant en poterie.
Ar guyadèrèz a zo eur vicher vad: Le tissage est un bon métier.
Anavezet eo evid e vadoberèrèz: Il est connu pour sa générosité.
Amañ ez euz eur sorser hag eur zorzèrèz oh ober sorsèrèz: Nous avons ici un sorcier et une sorcière qui font de la sorcellerie.

5) Ce même suffixe èrèz désigne aussi le magasin de vente, l'étal:
Kigèrèz: Boucherie - Boulangèrèz: boulangerie - Bet on er gigèrèz o prena kig digand ar gigèrèz: Je suis allé à la boucherie acheter de la viande à la bouchère.

6) Magèrèz-pesked: Pisciculture.

7) Ajouter le suffixe èrèz n'est pas la seule façon de former le substantif à partir du verbe.
En breton on peut employer l'infinitif tout simplement:
Ar bena-mein, au lieu de ar benèrèz-mein, le métier de tailleur de pierre.
Diwar c'hoari ne deu netra d'ar ger, au lieu de Diwar c'hoariellèrèz: S'amuser ne rapporte rien.
Er vro-mañ ez eur troet gand ar maga-moh: Dans cette région l'élevage des porcs est en honneur.

Cool K.L.T. et Vannetais:
a) Pour les numéros 1,2,3 on suit les mêmes règles èrèz.
Pour les numéros suivants, èrèz avec deux "è" ouverts, le breton de Vannes écrit ereh: podereh: poterie, kigereh: boucherie.

b) Pareillement pour le suffixe egez, nous avons ègèz en K.L.T., egeh en vannetais.
Tiègèz et tiegeh: Maison, ménage.
Amézég: voisin et amezeh; amezégéz: voisine et amezegeh.

c) Le suffixe iez devient ieh en vannetais: Belegiez et belegieh: prêtrise.

d ) Le suffixe igez devient igeh: Tristidigez et tristidigeh: tristesse. Gwanedigez: faiblesse et Gwanedigeh.

e) Le suffixe oniez devient onich: Douenoniez: Théologie et Douenonich - Steredoniez: astronomie et streredonich.

f) Cette sifflante de fin de mot connaît encore une autre variante, elle disparaît simplement: Va zad ko, au lieu de Va zad koz: mon grand-père. Ar ha bian, au lieu de Ar haz bian: le petit chat (A l'île de Sein).

2 - Place de l'accent tonique
Le Breton est une langue accentuée comme la plupart des langues.
Ceci donne à la phrase du mouvement et de la vigueur. Dans les conversations la vraie connaissance de la langue se reconnaît à l'accent.
En "HENVREZONEG" (Vieux breton) jusqu'au Xème siècle environ, l'accent tonique portait sur la pénultième. C'est de cette époque que date la parution du Breton K. L. T.(Kerné, Léon, Tréger) et du breton de la région de Vannes. Le premier faisait remonter à la pénultième l'accent tonique comme règle générale tandis que le vannetais restait fidèle à l'ancienne règle. Le "Brezoneg krenn" (Moyen Breton) va du XIème siècle au XVIème siècle, suivi du Breton moderne.
REGLE GENERALE EN K.L.T.:
L'accent tonique se porte sur la pénultième, quelle que soit l'espèce du mot: substantif, adjectif, verbe...
71

Labour, Labourad grevuz, torret, goude...etc..
Mais les exceptions sont très nombreuses.
EXCEPTIONS
1) Si la dernière syllabe représente un mot à elle même, alors elle porte l'accent.
Par exemple:
Dilavar (Var n'est pas un mot pour lui seul).
Uhelvarr (Barr: rameau).
Kerveur (Meur: ano gwann).
Nor-dal (Tal).
Koll-sond (perdre pied en nageant).
Amañ am eus koll-sond.
Boued-goañv / Poan-benn / Dillad-sul.
Lenn-vor / Pont-karr / Ahel-karr.
Fri-lous / Torr-penn / Ruz-tan / Dour-gwern...
Le second mot fait office de complément explicatif avec adjectif. A cette règle il y a des exceptions qui étonnent au premier abord.
Auprès de KOZ-KER, nous trouvons KER GOZ, auprès de KARR-PONT, PONT-KARR, DOUR-YAR, YAR ZOUR, KOZ TRAOU, TRAOU KOZ, KROAZ HENT, HENT KROAZ....
Le complément est placé soit avant, soit après le mot qu'il affecte alors que le sens est ordinairement le même. Nous disons "ordinairement" car pour KOZ TI, par exemple, cela signifie plutôt une maison en mauvais état, une maison sans valeur, pareillement KOZ TRAOU, EUR HOZ DEN.
Les mots composés avec le complément avant le substantif proviendraient d'une règle plus ancienne. A remarquer que c'est toujours le complément qui porte l'accent qu'il soit placé avant ou après.
KARR-PONT - PONT-KARR
Cette considération est précieuse dans les études d'étymologie.
Prenons le mot: KROAZ-HENT (Carrefour).
Ce mot pourrait signifier: La croix du chemin ou le chemin de croix. Du moment que l'accent se porte KROAZ; c'est ce mot qui est complément et nous avons: Le chemin en croix.
HASKOED (Kerhaskoed) mot composé de HA et de SKOED. HA vaut pour Houarn (Hoiiarn en vieux breton). L'accent se porte sur Ha qui est donc le complément et ce mot signifie "Ecu de fer" et non "Fer de l'écu". Tandis que KAZKOAD c'est KOAD qui est accentué et donc complément: Le chat du bois: L'écureuil.
Pareillement TANGI, accent tonique sur TAN, Le chien du feu, et non le feu du chien. MENGI, chien de pierre. LETTI (cornique LLETTY) (arrêt de diligence). AR FOLLGOAD accentué sur FOLL signifierait plutôt le bois du fou que le fou du bois.
KARR-DI / KANN-DI: Lavoir sous les maisons.
KROAZ-PRENN (glossaire moyen breton p. 134): Croix de bois; mais sans doute par un ancien composé: CROAZ PRENN: Bois en croix (en Gallois: Croes brenn).
A Saint Pol de Léon il y a un quartier: Ar WEZENN-DAN accentué sur la dernière syllabe - Dan, qui signifierait "L'arbre chêne". (Tann signifierait chêne: Le hanneton s'appelle KEVIL-TAN dans le Léon, et Kevil-derv en Cornouaille. Des journaux ont parlé de "L'arbre de feu"! Sans compter que l'on prononce nettement le mot TANN et "Tan".
Ces quelques exemples montrent tout le parti que l'on peut tirer de ces
72

considérations en étymologie.

2) Voici quelques mots composés de plus de deux syllabes et qui portent l'accent sur la pénultième. Tout comme s'il s'agissait de mots simples, ordinaires: AVAL-BER, AVEL-DRO, POUNNER-GLEO ; EUN HANTER-TAMM (une moitié de morceau), mais eun hanter tamm bara; eun hanter hent a wez pe war-dro, mais Hanter kant gwezenn, Eur gwir vab, eun hanter-liorz; mais eun hanter dorz-vara.

3) Pour les adjectifs numéraux: Quand l'adjectif est suivi d'une monosyllabe l'accentuation peut différer du Léon en Cornouaille.
En Léon, l'accent porte sur la derniére syllable de l'adjectif: PemZEG vloaz, TriZEG miz, PevarZEG ti, etc..
En Cornouaille, l'accent se porte sur la pénultième de l'adjectif comme quand il est seul.

4) Les prépositions composées portent l'accent sur la dernière syllabe:
aRaog - War-LERH - a-UZ - a-ZIOH - War bouez eVID -
(Evid accentué sur "é" vient du verbe EVA )

5) Les adjectifs indéfinis: accent sur la dernière syllabe:
BennAG - eBED - PeTRA - eBEN - peSEURT - peLEH - neBLEH - aRAOG - e - BARZ - DinDAn - a - DRENV - rakTAL -

6) Le pronom démonstratif "zé": abalamour da-zé ô porte l'accent sur : Goude-zé - Rag-zé - Evid-zé.

7) Les adverbes de temps: Pegoulz - Fenoz - Gwechall...

Cool Les adverbes de maniéres: Penaoz - Ervad - a-hend....

9) Les adverbes de quantité: A-walh - Nemeur....

10) Conjonctions: Zoken - Avad...
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MessageSujet: Re: Petite grammaire bretonne   Sam 22 Sep - 12:23

LE BRETON "LANGUE PAUVRE"
1 - Introduction
La langue bretonne d'usage populaire, se voit reprocher, souvent trop facilement, son insuffisance de vocabulaire. Nous manquerions de mots abstraits et aurions peu de mots pour nous exprimer sur les sciences modernes.
Il faut d'abord savoir que le besoin de mots les crée au fur et à mesure du développement social, économique, scientifique et culturel d'un peuple. La langue bretonne n'ayant pas été enseignée n'a pas permis au peuple breton de se cultiver dans sa langue. La langue de culture a été pour lui le latin ou le français. En consultant le dictionnaire ROBERT, par exemple, qui date l'ordre d'apparition des mots dans la littérature, on découvre que les mots que nous disons savants ne remontent qu'au XVIIème ou XVIIIème siècle et ont été souvent fabriqués artificiellement en empruntant des racines grecques pour composer des mots français souvent hermétiques aux non initiés.


Disons tout d'abord que l'abondance de vocabulaire n'est pas nécessairement un signe de supériorité culturelle ou de meilleur développement intellectuel.
Nous manquerions donc de mots abstraits... Disons plutôt que nous les ignorons et que nous ne savons pas comment les composer à partir de notre vocabulaire connu.

Prenons les mots indiquant les chaussures:
En français on trouve: Sabot et soulier.
En breton on trouve: Boutou-koad et boutou-ler.
En breton est dégagé par boutou l'idée de chaussure qui est commune aux deux expressions, l'idée abstraite.
Pour les bâtiments de la ferme :
En français: étable (vaches) - écurie (chevaux) - soue (cochons) - niche (chien).
En breton: Kraou-zaout - Kraou-kezeg - Kraou-moh - loj ar hi (ou toull ar hi).
L'idée commune de "logements pour animaux" n'a pas été retenue en français.

Le mot "DOLICHOCEPHALE" signalé depuis 1842 seulement est composé de deux mots grecs accolés:
DOLICHO = LONG
et
CEPHALE = TETE (Céphalée: Mal de tête).
Les dolichocéphales sont la famille de personnes qui ont la boîte crânienne allongée.
Le mot BRACHYCEPHALE est de 1836.
BRACHY = COURT.
et
CEPHALE = TETE.
C'est à dire qui ont la boite crânienne arrondie, presque aussi large que longue.
Parlant de ce procédé Meven MODIERN nous dit dans "Istor ar bed" (Histoire du monde) (P.43):
"Ceux qui ont procédé de la sorte ont voulu nettement empêcher les connaissances de pénétrer dans la tête des personnes ignorantes en employant des mots étrangers et étranges."

2 - Pouvait-on mieux faire en breton?
Ceci étant dit, pouvait-on mieux faire en breton?
Oui. Et cela a été réalisé:
Meven MODIERN et François VALLEE ont publié un dictionnaire français-breton en 1931 où on trouve tous ces mots savants français avec leur équivalent en breton. Beaucoup de ces mots ont été utilisés dans l'ouvrage "Istor ar bed" de Meven MODIERN publié par GWALARN en 1929.
Expliquons les techniques de la formation de ces mots:
Prenons le mot Penn (Tête).
Avec le suffixe eg : Penneg = qui a une tête, et aussitôt on comprend le sens de bon nombre de noms de famille: Skouarneg - Lagadeg - Garreg - Kofeg…
Penneged: Famille des personnes ou des choses qui ont une tête.
Si on ajoute hir ou berr on obtient:
Hir-benneged: A longue tête: Dolichocéphale.
Berr-benneged: A courte tête: Brachycéphale.
On objectera que ce sont là des mots bretons étranges, parce qu'ils ne sont pas connus: en tous cas moins étranges que "dolichocéphale" pour un français. De toute façons, le mot breton donne par lui-même les idées de tête, de longueur, de largeur, soit des notions familières imagées à l'orthographe facilement assimilable car issue de mots déjà connus. Le lecteur français ne découvre ni idée, ni image, et le mot français, issu du grec, fait appel plutôt à la mémoire plutôt qu'à l'idée et à la mémoire encore pour l'orthographe.
Allez donc écrire:
ICHTYOPHAGE = Debrer-pesked (Mangeur de poissons).
Analysons cette méthode de composition à partir de quelques mots familiers et nous obtiendrons des mots issus de racines bretonnes:

1. ANTROPOPHAGE: ANTHROPOS: Homme - FAGEIN: Manger.
En breton: Debrer tud (Mangeur d'hommes).

2. GASTEROPODES: GASTER: Kov (ventre) (Gastérite: inflammation de l'estomac) PODOS: Troad (pied)
Donc en breton: Kov-troadeged: Animaux qui marchent sur le ventre comme les limaces.
CEPHALOPODES : CEPHALEE: Tête dont la tête sert de pied pour se déplacer comme une pieuvre.

3. GYMOSPERME: GUMNOS: Nu, d'où le mot de gymnastique, sport qui se pratique peu vêtu. SPERME: Semence. GYMOSPERME = Plante dont la graine est à nu:
En breton: Had = Semence.
Hadeged: Famille des plantes qui portent semence.
Noaz-hadeged: Famille des plantes dont la semence est à nu.
Kuz-hadeged: Famille des plantes dont la graine est cachée comme les fougères, les champignons.
En français: ANGIESPERME: angios: Recouvert, entouré.

4. PHANEROGRAMME ET CRYPTOGRAMME: Ont le même sens.
GAME: Semence.
PHANERES: Apparent.
CRYPTOS : Caché.

5. HIPPOPOTAME: HIPPOS: Cheval (de là: Hippodrome). PETAMO: Ster.
Donc en breton: Dour-varh.
Comme nous avons: Morhoh: Pemoh a vor: Marsouin.

6. PACHYDERME: DERME: Peau: krohenn.
Pakuz: épais : teo. Donc: animal à peau épaisse.


En breton:
Krohenn, krohenneg, krohenneged – krohennet teo = à peau épaisse.

7. RHIZOTOME: RHIZO: Gwrizienn:Racine. TORNE: Troha:Couper.
Eun droherez gwriziou.

8. TROGLODYTE: TROGLE: Toull: Trou. DUNEIN: Entrer dedans.
Personnes qui habitent dans un trou, une grotte.
En breton: Kev: trou - Keviad/Kevidi: Qui habite dans une grotte: Troglodyte.

9. MARSUPIAUX: Marsupieux: Godell (yalh): latin: Poche.
Godelleged: famille des animaux qui ont une poche: Marsupiaux.

10. MYOPE: MUOPS: Qui cligne des yeux. Vulgairement: Qui a la vue courte.
En breton: Berr-weled.
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MessageSujet: Re: Petite grammaire bretonne   Sam 22 Sep - 12:25

Chacun peut essayer de composer des mots bretons suivant cette formule. Notons que le dictionnaire Robert donne les racines grecques.

3- Le trésor de nos suffixes.

A - QUELQUES PISTES DE RECHERCHES.

La composition des mots abstraits en breton peut s'effectuer à partir de diverses sources dont on trouvera quelques éléments de recherche ci-après:

1. Nous avons d'abord L'INFINITIF.

L'INFINITIF précédé de l'article défini, ou du pronom personnel peut servir de substantif abstrait. C'est un vrai nom verbal comme en grec.
Pilad gwez: Abattre des arbres.
Ar pilad gwez a zo eur vicher skuizuz: L'abattage des arbres est un métier fatigant.
Nous verrons plus loin d'autres formations à l'aide de suffixes et nous aurions ici: Ar pilad gwez avec une nuance de sens.
Gand ar pilad gwez emaint: Ils sont occupés à l'abattage des arbres. On dirait aussi bien: O pilad gwez emaint.
LENN: Lire .
Sod eo Père gand al lenn: La lecture plaît beaucoup à Pierre.
Al lenn romantou eo he zudi: La lecture des romans est sa distraction.
TENNA:
Mare an tenna patatez a zo: C'est le moment de l'arrachage des pommes de terre (voir le suffixe eg: tennadeg).
KLEVED-KERZED-GWELED: Entendre - marcher - voir.
Gwellaet eo en e gleved - en e gerzed - en e weled: Sa vue son ouïe, sa marche se sont améliorés.
Dalhet eo c'hoaz en he herzed (féminin): Elle est encore diminuée, handicapée dans sa marche.
Ar plega va daoulin eo a zo poaniuz din: C'est la flexion des genoux qui m'est douloureuse.
War ar hwennad eo maout, war ar falhad eo disteroh: Pour le sarclage il est fort, moins pour le fauchage.
Al leda ne ra ket a vern: L'étalement ne fait pas le tas.

2. Prenons L'ADJECTIF :
L'adjectif précédé de l'article défini devient un substantif, concret ou abstrait:
Estlami a ra o weled AN UHEL m'eo an tour: Il est en admiration devant la hauteur (concret) de la tour.
An UHEL m'eo e zoñjou: La hauteur (abstrait) de ses pensées.
Gand ar STANK m'eo deuet ar chas da veza: Devant le grand nombre de chiens, l'abondance en chiens.
Ar BRAZ euz an dud a oar brezoneg, an darn-vuiañ: La plupart des gens connaissent le breton.
Neh am-eus gand ar BAZ, an IZEL m'eo deuet an dour et puñs: Je suis contrarié par le bas niveau atteint par l'eau du puits.
Ar penneg m'eo Pér ne fell ket dezañ plega..: L'entêtement de Pierre.
AL LIJER m'eo ar had: La rapidité du liévre.
AR BRAZ m'eo Doue: La grandeur de Dieu.
AR ROUEZ m'eo deuet ar gedon da veza: La rareté du gibier.
AR HER m'eo ar bara: La cherté du pain.

3. Prenons 'L'ADVERBE:
L'adverbe ,précédé de l'article défini est un véritable substantif concret ou abstrait :
AR PELL m'emaint o chom (distance): L'éloignement de leur demeure.
AR PELL m'emaint oh ober o zro (adverbe de temps): La durée (longue) qu'ils consacrent à faire leur tournée.
AR RAL a-wechou/ Evid AN ALIEZ/ ma teu d'am gweled: La rareté de ses visites .
O klask AR PERAG hag ar PENAOZ: En cherchant la motivation et la manière.
En em gavet war AN DIWEZADOU:Il est arrivé au dernier moment.
Ar BREMAÑ eo a gont n'eo ket AR GWECHALL: C'est l'actualité qui compte, non pas l'autrefois, le passé.
Etre AR RE hag AR RE NEBEUD ema ar gont: Entre la trop grande abondance et la pénurie.
EN abeg d'AN NEBEUD A HLAO a zo bet: Vu l'insuffisance de la pluie tombée.
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MessageSujet: Re: Petite grammaire bretonne   Sam 22 Sep - 12:26



Dernière édition par le Sam 22 Sep - 13:32, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Petite grammaire bretonne   Sam 22 Sep - 12:27

B - LES SUFFIXES.

a) A partir de l'adjectif
La moisson est abondante des mots abstraits ou concrets de dérivation par l'usage des suffixes. Pour la liste des suffixes consulter VALLEE (P.XVI à XXIII),


Garnier P.13, Kervella n° 18 à 24.

Signalons quelques-uns à titre d'exemple :

Le suffixe DER, DED indiquant les qualités, les défauts, les caractères exprimés par l'adjectif .
IZEL: Bas. IZELDER: Caractère de ce qui est bas, de bas niveau, lâche.
Le suffixe DER est plus matériel:
IZELDER an dour er puñz: Le bas niveau de l'eau dans le puits .
Le suffixe DED est plus abstrait, plus spirituel:
Izelded Sant Franzez: L'humilité de Saint François.

Pierre Leroux (revue celtique XXX 8 (1915) (p.65-IOI) recommande aussi d'employer le suffixe DER pour le pluriel et donne comme exemple:
Ar gwanderiou a zeu euz ar gwanded: Les faiblesses proviennent de la faiblesse.
DON: profond:
DONDER eur puñz: La profondeur d'un puits.
DONDED eun eveziadenn: La pprofondeur d’une remarque.
GLAN: Blanc, pur:
GLANDER eur goumoulenn: La blancheur, la pureté d'un nuage.
GLANDED eun ene: La pureté d'une âme.
REIZ: Correct, sans défaut.
REIZDER: Correction, régularité/REIZDED:Justesse, rectitude.
SEH: Sec.
SEHDER: La sécheresse (du temps)/SEHDED: La sécheresse d'une composition d'une réplique.
UHEL: Haut:
Ar voger he-deus deg metrad uhelder (du concret qu'on peut mesurer).
Ano a zo euz uhelded e venoziou: On parle de la hauteur de ses pensées.

Les noms avec suffixes DER sont masculins. Les noms avec le suffixe DED sont féminins.

Les suffixes élèz - égèz servent aussi à comparer des mots abstraits.
Elèz dérivé de EL indique des propriétés générales ou la nature des personnes et des choses.

DEREAD (hag a zere): qui convient.
DEREADELEZ :Convenance, Bienséance, goût.
Eun tammig deréadelez a ra diouer dezañ: Il lui manque un peu de savoir- vivre.
Le suffixe élez peut aussi s'ajouter à un substantif :
DEN - DENELEZ: L'humanité, la nature de l'homme.
An DENELEZ eo perz an den ennañ e-unan.
LOEN: animal - LOENELEZ: animalité .
Ar pez a ra dezañ beza den-evel-se ivez :



EGEZ, dérivé de EG marque surtout la possession et désigne plutôt les qualités des personnes, les habitudes, les dispositions morales.
BUAN:Rapide – BUANEGEZ (abstrait): Irritation, emportement, colère.
BUANDER (plus concret): Rapidité:
Red eo stourm ouz ar vuanegez: Il faut lutter contre la colère.
N'eus ket par dezañ evid ar vuander: La rapidité.
LEZIREG: Paresse - LEZIREGEZ: Négligence.
MAD: madélèz: Bonté.
LONTEG: Lontègèz: Gourmandise.

b) A partir du substantif et de l'adverbe

1. Le suffixe AD (adou, ajou, achou): Il indique le plein d'un contenant.
BOZ: Les deux mains ouvertes et jointes: Ar voz.
BOZAD: Le plein:
Taol diou vozad kerh d'ar marh: Donne deux poignées d'avoine au cheval.
Ro eur vriad a velchenn d'ar vioh: Donne une bonne brassée de trèfle à la vache.
DORN: Main - DORNAD: Plein la main: Poignée.
POD: Pot - PODAD: Le pot, une potée.
Eur podad lêz: Un pot de lait.
SKUDELL: Ecuelle - SKUDELLAD: Ecuellée.

2. Le suffixe AD ajouté au nom d'un membre d'une partie du corps indique une inflammation, indisposition:
Eur HARRAD: Mal aux jambes, varices.
Eur FRIAD: Mal au nez - BIZAD: Mal au doigt, Panaris - KAONAD: Peine, coup au coeur - SKOUARNAD: Mal d'oreille.

3. Le suffixe AD signifie aussi:
SKOUARNAD: Coup reçu sur les oreilles.
JAVEDAD (javed: Mâchoire): Coup sur les mâchoires.
STAFAD: Gifle.

4. Le suffixe AD sert à indiquer une généralité des choses du même genre, avec une nuance de péjoratif parfois:
DIOT: DIOTACHOU: enfantillages, niaiseries.
DIENN: Créme - DIENNACHOU: Toutes sortes de crème, à farder par exemple.
Kuzad an oad hag ar rouvennou gand diennachou: dissimuler l'âge et les rides avec des crèmes .
DU: Noir - DUAD: Le noir, du noir - DUACHOU: Les noirs en peinture par exemple, les différentes couleurs de noir.
Pareillement pour les autres couleurs: GWENNACHOU - MELENACHOU - RUZADOU - GLAZACHOU.
Al liver mad a dle gouzoud penaoz kemmesk al liviou en eun doare arzel: Un bon peintre doit savoir comment agencer les couleurs d'une façon artistique.

KOAD - KOATACHOU: Boiseries, choses en bois.
HOUARN - HOUARNACHOU: Ferrures, choses en fer.
O liva ar hoatchou a zo prevedet hag an houarnachou merglet ema: Il peint les boiseries vermoulues et les armatures rouillées.
DEFOTAJ: Ce qui fait défaut, ce qui manque .
DEFOTACHOU: Les choses qui manquent:
Eet ar wreg d'ar vourh da brena defotachou: Faire provision de ce qui manque (café, sucre).
EVA – EVAJ - EVACHOU: Boissons:
En ostaliri-ze e vez kavet a beb seurt evachou: Dans cette auberge on trouve toutes sortes de boissons.
GWECH - GWECHADOU: des fois:
Gwechadou a zo ha n'hellan ket labourad: Il y a des fois ou je ne peux pas travailler.
KEMPENN: Arranger - KEMPENNADOU: réparations de toutes sortes, raccommodages.
TRAOU - TRAOUACHOU: Objets de peu de valeur, friperies, vieilleries.
PELL: Balle de céréales - PELLACHOU: Déchets de balles.

On trouve aussi le suffixe AD après les adverbes :
PELL: Loin - PELLADOU: Le lointain :
Er pelladou e welan meneziou uhel.
BEMDEZ: Tous les jours - PEMDEZIAD: Quotidienne.
Ar bemdeziadou a gaver enoeuz: On trouve ennuyeuses les quotidiennes.
WARHOAZ: Lendemain:
Ar warhoazou laouen: Les lendemains qui chantent.
ABRED: De bonne heure - AN ABREDOU: Les choses qui arrivent de bonne heure, les prémices, les choses qu'on fait de bonne heure.
DIWEZAD:
War an DIWEZADOU eo digouezet: Il est arriva à la dernière heure.
MARTEZE - AR MARTEZEADOU: Le conjectures, les supputations.
LOSTENNAJOU: Les déchets.
STRINKA: Jaillir:
Strinkajou a vezo: Il y aura des ondées.
RESTAD – RESTAJOU: Des restes:
Eur restad mad a zo mad da gaoud.

5. Le suffixe AD – ADEZ - ADENN indique aussi l'appartenance à un lieu, à une ville, une commune:
KASTELL - KASTELLAD - KASTELLADEZ: Habitant, habitante de St Pol de Léon - Pluriel: KASTELLIZ:
Kastelladenn on he ne zigastelladennin ket: Je suis Saint-Politaine et je ne renierai pas mon pays (St Polaise eut été mieux trouvé).
ARVOR: Le pays qui donne sur la mer: ARVORIAD – ARVORIADEZ – ARVORIZ.
GORRE: Le haut pays: GORREAD - GORREADEZ – GORREIZ: Les habitants du haut pays.
6. Le suffixe ADEG indique une chose faite en commun, un concours.
Hirio ez eus galoupADEG kezeg: Aujourd'hui il y a course de chevaux.


COURENN: Lutter - GOURENNADEG: Rencontre concours de lutteurs.
TENNA: Tirer, arracher - TENNADEG: Arrachage.
Mare an tennadeg patatez: Le moment de l'arrachage des pommes de terre.
Tennadeg d'ar zort: Conseil de révision.
Le suffixe ADENN indique une action individuelle:
Gand eur redadenn ez i beteg penn: Une course te suffira.
SACHADEG FUN: Concours de tire à la corde:
Eur zachadenn a vo awalh: Une traction suffira.
ARAD: Labourer - ARADEG: Concours de labours.

7. Le suffixe EG : Après le substantif il indique la possession, l'appartenance .
Nous avons vu en II comment on pouvait construire des mots nouveaux à partir du mot tête: PENN, ainsi que l'explication de certains noms de familles.

8. Mais le suffixe EG indique également la langue d'un peuple:
BRETON (BREZON): BREZONEG: Langue bretonne.
SAOZ (anglais, saxon): SAOZNEG: Langue anglaise.
ALAMAN: ALAMANEG: Langue allemande.
GALL: GALLEG: Langue française.
Après un nom de pays il signifie l'appartenance au pays:
BREIZ: BREIZEG: An arzou breizeg: Les arts bretons .

9. Le suffixe EG après un nom de plante ou d'arbre, indique un endroit où pousse cette plante :
BANAL (ou balan): Genêt - BANNALEG: Genêtaie.
FOENN - FOENNEG: Prairie.
FAO, FAVENN (singulatif) - FAVENNEG: Hêtraie.
BEUZ: Buis - BEUZEG: Boissière.
LEHID:Vase - LEHIDEG: Vasière.
LANN: (Lande) - LANNEG: Lande (terrain couvert de landes).
(Le pluriel est EIER: Lanneier: Les landes)
Rares sont les désinences en "i" ou en "ou" comme "lannou".

10. Le suffixe ENN indique le singulatif .
GWEZ: Arbres: Eur wezenn: Un arbre, un pied d'arbre.
KAOL: Choux: Kaolenn.
DERO: Chênes (Collectif ou indiquant la matière): Eur skaon dero: Un banc de chêne. - Singulatif: Dervenn: Un pied de chêne.
BEUZ: Buis - Eur veuzenn: pied de buis.
HALEG: Saules - Halegenn: pied de saule.
Nous le retrouvons comme singulatif après le radical du verbe:
PEDI: PEDENN: Une prière.
KREDI: Eur gredenn: une croyance. Eun den digredenn: sans croyance.
KRESKI: Croître: Eur greskenn: une excroissance.

11. Le suffixe ENTEZ: après l'adjectif indiquant le substantif correspondant:
PAOUR: PAOURENTEZ: Pauvreté.


BERR (court): BERRENTEZ: Pénurie:
Er bloavez-mañ e vo berrentez war ar herh: Cette année la récolte d'avoine sera insuffisante.
FALZ: Faux - FAL>ZENT>EZ :Fausseté.

12. Le suffixe IEZ indique la condition sociale, l'état.
BELEG: Prêtre – AR VELEGIEZ (on dit aussi: AR VELEGIAJ): le sacerdoce.
LOMAN: Pilote - LOMANIEZ: Charge ou titre de pilote.
ABAD: Père abbé - ABADIEZ: Le caractère du père abbé.
FALLAGR: Méchant - FALLAGRIEZ: Méchanceté.

13. Le suffixe UZ après un adjectif indique l'abondance :
PLIJADUR - PLIJADURUZ: Qui donne du plaisir: qui plaît.
ESTLAMM: Admiration - ESTLAMMUZ: Admirable.
Damantuz - skuizuz - enoeuz - poaniuz - gallouduz - plijuz (qui plaît).

14. Le suffie AOUEZ: Après un adjectif indique le substantif correspondant.
KER: Cher - KERAOUEZ: Cherté.
Keraouez a zo war ar gwiniz: Le blé est cher.
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MessageSujet: Re: Petite grammaire bretonne   Sam 22 Sep - 12:32

je crois qu'il y a de quoi faire pour les débutants!!!!! lol
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MessageSujet: Re: Petite grammaire bretonne   Sam 22 Sep - 12:32

c) A partir du radical du verbe

1. Le suffixe ADENN - ADEG indique l'action individuelle ou collective.
REDEG: Courir - REDADENN: Une course, un trajet individuel.
REDADEG: Course faite à plusieurs ensemble:
En eur redadenn ez i d'ar gêr: Tu iras d'une course à la maison.
Gand ar pardon e vo redadeg kezeg: Au pardon il y aura course de chevaux (course de compétition).
ARAD: Charruer - ARADEG: Concours de charruage, de labourage.
ARADEG FUN: Concours de tire à la corde.

2. Le suffixe ADUR - ADUREZ correspond au suffixe "tion" et "ture" en français, parfois à "ment".
KIZELLA: Sculpter - KIZELLADUR: Sculpture, pièce sculptée, art de sculpter.
Deski a hizelladur (masculin): Apprendre le métier de sculpteur.
Le suffixe ADUREZ s'emploie dans un sens plus abstrait et indique un mot féminin:
DESKI: DESKADUREZ: Instruction.
FRESK: FRESKADUREZ: La fraîcheur du temps.
KEMENN: Annonces - KEMENNADUREZ: Mandatement, message.
PLIJOUD - PLIJADUR: Plaisir.
SKRIVA - SKRIVADUR: Graphie, orthographe: Skrivadur reiz.
BREIN: Corrompu - BREINADUR: Corruption.
Les mots en ADUR sont du masculin, les mots en ADUREZ du féminin .

3. Le suffixe ER - EREZ indique la réalisation d'une action ou l'agent qui la réalise.
MEDI: Moissonner - MEDER: Moissonneur - MEDEREZ: Femme qui moissonne et moissonneuse mécanique. Ar Vedèrèz: L'art de moissonner.
PODER: Potier - PODEREZ: potière - Podèrèz: Art de la poterie, atelier de poterie

82

ou magasin de poteries.
Cette multiplicité des suffixes permet de nuancer la pensée:
Pierre est un breton: Pér a zo eur breizad.
Cette langue c'est du breton: Ar yez-se eo ar brezoneg.
Cette sculpture c'est du breton: Ar hizelladur-se a zo breizeg.
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MessageSujet: Re: Petite grammaire bretonne   Sam 22 Sep - 12:37

J'avais dit que quand les notes de grammaire seraient disponibles, elles seraient données dans leur totalité......C'est fait! Merci d'avoir ontré votre enthousiasme mais je vous demanderai d'être assez sympa de déplacer en fin de notes vos divers messages. Ainsi le lecture pourra se faire en continu.....

Merci de votre gentillesse
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MessageSujet: Re: Petite grammaire bretonne   Ven 25 Nov - 15:12

Trugarekaad ahanout evid an taol labour-mañ.
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Ostatu
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MessageSujet: Re: Petite grammaire bretonne   Mer 2 Jan - 17:33

Invité a écrit:
PRONONCIATION

1 - Les suffixes er, éréz, èrèz.

2) Ce même suffixe er désigne aussi un trait de caractère, une tendance, une qualité, un défaut: Dispigner: dépensier - Filouter: filou (la pièce: Ar filouter fin) - Sorser: sorcier - Riboter: débauché - Glabouser: bavard - Pilpouzer: hypocrite - Chaoger: cancanier - Arboeller: économe.

3) Le féminin est éréz avec deux "é" fermés comme dans mévél, dalé, balé, et le français: été, chanté. Il est surmonté d'un accent aigu: Kigéréz: bouchère, Guyadéréz: Tisserante - Chaogéréz: cancanière - médérez: moissonneuse.
Cette même désinence en éréz désigne aussi l'agent mécanique correspondant: Médérez: moissonneuse mécanique - Dornérez dre gezeg: Batteuse à chevaux- C'hwennéréz: sarcleuse - Stlejéréz: Tracteur.
NOTE: Pour tous les cas signalés jusqu'ici K.L.T. et Vannetais suivent les mêmes règles.

4) Ce même suffixe èrèz avec deux "è" ouverts comme dans les mots: èlèz, rouantèlèz (ou en français: lès ou laid), désigne la profession, l'art, l'état: War ar bodèrèz eo barreg bremañ: Il s'y connaît maintenant en poterie.
Ar guyadèrèz a zo eur vicher vad: Le tissage est un bon métier.
Anavezet eo evid e vadoberèrèz: Il est connu pour sa générosité.
Amañ ez euz eur sorser hag eur zorzèrèz oh ober sorsèrèz: Nous avons ici un sorcier et une sorcière qui font de la sorcellerie.

5) Ce même suffixe èrèz désigne aussi le magasin de vente, l'étal:
Kigèrèz: Boucherie - Boulangèrèz: boulangerie - Bet on er gigèrèz o prena kig digand ar gigèrèz: Je suis allé à la boucherie acheter de la viande à la bouchère.

6) Magèrèz-pesked: Pisciculture.

7) Ajouter le suffixe èrèz n'est pas la seule façon de former le substantif à partir du verbe.
En breton on peut employer l'infinitif tout simplement:
Ar bena-mein, au lieu de ar benèrèz-mein, le métier de tailleur de pierre.
Diwar c'hoari ne deu netra d'ar ger, au lieu de Diwar c'hoariellèrèz : S'amuser ne rapporte rien.
Er vro-mañ ez eur troet gand ar maga-moh: Dans cette région l'élevage des porcs est en honneur.

Cool K.L.T. et Vannetais:
a) Pour les numéros 1,2,3 on suit les mêmes règles èrèz.
Pour les numéros suivants, èrèz avec deux "è" ouverts, le breton de Vannes écrit ereh : podereh: poterie, kigereh: boucherie.


Il serait intéressant de voir ce qu'il en est réellement dans les dialectes. Je doute qu'on trouve ces prononciations dans tous les dialectes, les parlers. Et d'ailleurs, ces prononciations sont-elles effectives dans un parler, dans un dialecte quelconque ?

Curieux, cette façon d'orthographier tissage, tisserand. Vu que l'orthographe choisie est l'universitaire, on attendrait : gwiadèrèz 'tissage' ; gwiader 'tisserand'

pour la prononciation de gwiader, voir la carte albb suivante : http://sbahuaud.free.fr/ALBB/Kartenn-299.jpg

Par exemple, Jean Le Dû donne pour le parler de Plougrescant la même prononciation tant pour la boucherie que pour la bouchère : kigérës (g mouillé, approximativement prononcé dy)

Citation :
Amañ ez euz eur sorser hag eur zorzèrèz oh ober sorsèrèz: Nous avons ici un sorcier et une sorcière qui font de la sorcellerie.

Là, l'auteur s'est manifestement emmêlé les pinceaux. Il aurait dû écrire, si on suit ses recommandations : "amañ ez eus eur sorser hag eur zorzérés oh ober sorsèrès".

Citation :
Kigèrèz: Boucherie - Boulangèrèz: boulangerie - Bet on er gigèrèz o prena kig digand ar gigèrèz: Je suis allé à la boucherie acheter de la viande à la bouchère

là idem : "Bet on er gigèrèz o prena kig digand ar gigéréz"

comme quoi, même pour lui, cela ne semble pas si "naturel" que ça.

par ailleurs, on écrit (dans cette orthographe) : boulanjèrèz 'boulangerie' (avec un j)
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